
Levegh s'appelait Bouillin et courait sous le nom d'un oncle pilote. Aux Vingt-Quatre Heures du Mans de 1952, en tête et n'ayant pas quitté le volant depuis vingt-trois heures, il brisa son moteur à soixante minutes du drapeau pour n'avoir pas voulu passer la main. En 1955, sa voiture décolla devant les tribunes et se disloqua sur le talus : l'accident changea les règles de sécurité de toutes les courses.
L'histoire
Né en 1905, Pierre Bouillin court sous le nom de Pierre Levegh — celui d'un oncle pilote, Alfred Velghe, dont il est l'anagramme. Il appartient à cette génération de gentlemen-drivers qui font de la course une passion coûteuse, courue à leurs frais et pour l'honneur, dans une discipline qui n'est pas encore un métier salarié. Il reste célèbre pour les 24 Heures du Mans 1952 : en tête, seul au volant depuis vingt-trois heures, il casse son moteur à une heure de l'arrivée pour avoir refusé de céder le volant.
En 1955, à quarante-neuf ans, il court pour Mercedes. Le 11 juin, à dix-huit heures vingt-huit, un ralentissement se produit devant les tribunes : une Austin-Healey se déporte, la Mercedes de Levegh la percute et décolle. La voiture retombe sur le talus qui borde la piste — la seule chose qui sépare alors le public de la course — et se disloque : le moteur, le capot et le train avant sont projetés dans la foule à pleine vitesse.
Le bilan est de quatre-vingt-trois morts — Levegh et les spectateurs — et de plus de cent blessés. C'est la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire du sport automobile, et elle reste inégalée. La course n'est pas interrompue : les organisateurs redoutent que le départ simultané de deux cent mille spectateurs ne bloque les routes et n'empêche les ambulances de circuler. Le choix a été contesté depuis, mais il obéissait à une logique de secours et non d'indifférence.
Les conséquences dépassent le sport. Mercedes se retire de la compétition pour trente ans. La Suisse interdit la course automobile sur son territoire — interdiction qui durera jusqu'au XXIᵉ siècle. Les circuits du monde entier revoient la séparation entre la piste et le public : la protection des spectateurs, jusque-là laissée au bon sens des organisateurs, devient une contrainte de conception.
Sur place, ne manquez pas
Il repose en division 93 — l'homme dont l'accident a changé les règles de sécurité de tous les circuits du monde.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Pierre Levegh ?
En division 93 du Père-Lachaise, celle de Félix Ziem et de Robert Planquette. La pierre porte trois noms, Velghe, Strom et Bouillin : Pierre Bouillin y repose auprès d'Alfred Velghe, l'oncle pilote dont il avait emprunté le nom de course.
Robert PlanquetteQue s'est-il passé au Mans en 1955 ?
Le 11 juin, sa Mercedes percuta une Austin-Healey qui se déportait, décolla et se disloqua sur le talus bordant la piste : moteur, capot et train avant furent projetés dans la foule. Bilan : quatre-vingt-trois morts.
Camille du GastQuelles furent les conséquences ?
Considérables : Mercedes se retira de la compétition pour trente ans, la Suisse interdit la course automobile jusqu'au XXIᵉ siècle, et les circuits du monde revirent la séparation entre piste et public.
Léon ThéryÉtait-il connu avant l'accident ?
Oui, pour un exploit manqué : aux 24 Heures du Mans 1952, en tête et seul au volant depuis vingt-trois heures, il cassa son moteur à une heure de l'arrivée — pour avoir refusé de céder le volant à son coéquipier.
Ernest ArchdeaconAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
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