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Portrait de Joseph LESURQUES
Légendes & amour

Joseph LESURQUES

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Victime de l'affaire du Courrier de Lyon.

Lesurques fut condamné et exécuté en 1796 pour l'attaque de la malle-poste de Lyon, un crime qu'il n'avait pas commis. Rien ne pesait contre lui qu'une ressemblance physique avec le véritable meurtrier, et des témoins appelés à reconnaître des visages à peine entrevus. Son monument est un cénotaphe, et sa veuve y a fait graver qu'une erreur humaine, la plus déplorable qui soit, l'avait tué.

EmplacementChemin Chénier, 1ʳᵉ ligne
Division8
Dates1763 – 1796

L'histoire

Le 27 avril 1796, des cavaliers attaquent la malle-poste de Lyon près de Lieusaint, en Seine-et-Marne. La voiture porte le courrier, des lettres de change et l'argent destiné à l'armée d'Italie, celle que Bonaparte menait alors contre l'Autriche. Le courrier et le postillon sont égorgés, le chargement emporté. L'attaque a été préparée : plusieurs hommes montés, qui connaissaient l'heure de passage et le contenu du coffre, ont frappé à un point choisi d'une route que les malle-postes parcouraient sans escorte. C'est l'argent de la République qu'on vient de voler à quelques lieues de Paris : il faudra des coupables, et vite. Joseph Lesurques, qui vivait à Paris de ses rentes, n'était pas sur cette route.

L'enquête le désigne pour une seule raison : sa ressemblance physique avec Dubosq, l'un des vrais auteurs du crime. Les témoins, appelés à reconnaître des visages entrevus dans la nuit et la violence, le reconnaissent. Joseph Lesurques, né en 1763, sans casier et sans mobile, produit des témoins qui jurent l'avoir vu à Paris ce jour-là : le tribunal les écarte. La justice de l'an IV jugeait vite, dans une République qui redoutait le brigandage et voulait des exemples, et sa procédure n'offrait presque aucun recours contre une reconnaissance de visage.

Il est condamné à mort et guillotiné le 30 octobre 1796. Dubosq est arrêté en 1800 et exécuté l'année suivante — cela ne change rien au sort de Lesurques. Sa famille réclame la révision du procès pendant tout le siècle, et sa fille Virginie porte la demande jusqu'à la Cour de cassation, qui la déclare irrecevable : Dubosq ayant été condamné comme complice et non comme auteur principal, la condamnation de Lesurques tient toujours en droit. Il n'a jamais été réhabilité. Son nom est pourtant devenu, dans les prétoires français, le mot qui désigne l'erreur judiciaire.

Le monument de la division 8 est un cénotaphe : il honore un homme qui n'y repose pas. Son inscription est une plaidoirie : « A la mémoire de Joseph LESURQUES, victime de la plus déplorable des erreurs humaines », signée « sa veuve et ses enfants ». Un ajout postérieur lui répond : « Martyrs tous deux sur la terre, tous deux sont réunis au ciel ». La famille n'a jamais obtenu du droit ce qu'elle demandait ; elle l'a fait graver dans la pierre. C'est là, et nulle part ailleurs, que Joseph Lesurques est acquitté.

La sépulture

Un cénotaphe, monument élevé à la mémoire d'un homme qui n'y repose pas : le Père-Lachaise en compte quelques-uns, ceux de Kucharski, du duc de Massa, de la duchesse de Mazarin et du maréchal Sérurier. L'inscription est une plaidoirie gravée : « A la mémoire de, Joseph LESURQUES, victime de la plus déplorable des erreurs humaines, 31 oct. 1796, sa veuve et ses enfants. » Un ajout postérieur lui répond : « Martyrs tous deux sur la terre, tous deux sont réunis au ciel. » La date gravée — 31 octobre — diffère d'un jour de celle de l'exécution.

Sur place, ne manquez pas

C'est un cénotaphe : un monument sans corps. Lisez l'inscription : « victime de la plus déplorable des erreurs humaines », signée par sa veuve et ses enfants.

Les questions des visiteurs

Où se trouve le monument de Joseph Lesurques ?

En division 8 du Père-Lachaise — mais c'est un cénotaphe : le monument honore un homme qui n'y repose pas. Nos fiches en relèvent d'autres : Kucharski, le duc de Massa, la duchesse de Mazarin, le maréchal Sérurier. Le monument fut élevé par sa veuve et ses enfants.

Alexandre Kucharski

Qu'est-ce que l'affaire du Courrier de Lyon ?

L'attaque, en avril 1796, de la malle-poste de Lyon près de Lieusaint : l'employé des Postes et les postillons massacrés, le courrier et le numéraire destiné à l'armée d'Italie volés. L'une des affaires les plus retentissantes du Directoire.

Pierre Louis Dulong

Pourquoi a-t-il été condamné ?

Sur sa seule ressemblance physique avec Dubosq, le véritable meurtrier. Les témoins, appelés à reconnaître des visages entrevus dans la violence, l'ont désigné. Ses protestations et les témoignages en sa faveur ont été écartés.

Christine Pascal

A-t-il été réhabilité ?

L'erreur a été reconnue après l'arrestation de Dubosq, des années plus tard — trop tard pour lui, guillotiné le 30 octobre 1796. L'affaire reste l'un des cas les plus cités du droit français en matière d'erreur d'identification.

Pierre Haïk

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