
Joffo était le fils d'un coiffeur du dix-huitième arrondissement, déporté à Auschwitz en novembre 1943 et jamais revenu. Avec son frère Maurice, il avait traversé la France pour gagner la zone libre : deux enfants, de faux papiers, une chance inouïe. Il raconta cette fuite en 1973 dans Un sac de billes, qui dépassera vingt millions d'exemplaires. Un nom et deux dates, et c'est tout ce qui est gravé.
L'histoire
Né à Paris le 2 avril 1931, Joseph Joffo est le fils de Roman Joffo, coiffeur, et d'Anna Markoff, violoniste. La famille tient un salon dans le dix-huitième arrondissement.
Son père est déporté à Auschwitz par le convoi n°62, le 20 novembre 1943. Il n'en revient pas. Joseph et son frère Maurice, eux, ont traversé la France pour rejoindre la zone libre : deux enfants, une paire de faux papiers, une chance inouïe.
En 1973, il raconte cette fuite dans Un sac de billes, publié chez Lattès et retravaillé avec l'écrivain Claude Klotz. L'Académie française lui décerne son prix Broquette-Gonin en 1974, et le livre dépassera vingt millions d'exemplaires en plus de vingt langues.
Anna et son orchestre, en 1975, obtient le prix RTL grand public. Le succès dure, et la famille a ses propres détours : son frère Maurice est jugé à Paris en 1986 pour un trafic de bijoux volés.
Il meurt à Saint-Laurent-du-Var le 6 décembre 2018 et repose en division 62, chemin Luzarraga, première ligne, sous une pierre qui ne porte que son nom.
La sépulture
Une inscription réduite à l'essentiel : « Joseph JOFFO 1931-2018 ». Rien du Sac de billes, rien des vingt millions d'exemplaires, rien du salon de coiffure du dix-huitième. Le nom de son père Roman, déporté à Auschwitz par le convoi n°62 du 20 novembre 1943, n'y figure pas non plus : il n'a pas de sépulture, et le livre du fils en a longtemps tenu lieu.
Sur place, ne manquez pas
Une pierre qui ne porte qu'un nom et deux dates. Le père, Roman Joffo, déporté par le convoi n°62 en novembre 1943, n'a pas de tombe : c'est le livre du fils qui en tient lieu.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Joseph Joffo ?
En division 62, chemin Luzarraga, première ligne, sous une pierre qui ne porte que « Joseph JOFFO 1931-2018 ». La division est aussi celle du cinéaste kurde Yılmaz Güney, mort en exil en 1984 : deux hommes que l'histoire du XXᵉ siècle avait mis en fuite.
Yılmaz GüneyQu'est-ce qu'« Un sac de billes » ?
Le récit de sa fuite d'enfant juif à travers la France occupée avec son frère Maurice, publié en 1973. Vingt millions d'exemplaires, plus de vingt langues, deux adaptations au cinéma — l'un des plus grands succès de l'édition française.
Adolfo KaminskyQu'est devenu son père ?
Roman Joffo, coiffeur dans le dix-huitième arrondissement, fut déporté à Auschwitz par le convoi n°62 du 20 novembre 1943 et n'en revint pas. C'est cette absence que le livre raconte sans jamais l'expliquer.
Daniel Cordier« Un sac de billes » a-t-il été adapté au cinéma ?
Deux fois : en 1975 par Jacques Doillon, puis en 2017 par Christian Duguay. Le livre est étudié dans les écoles françaises depuis des décennies, ce qui explique la longévité de son public et les vingt millions d'exemplaires vendus.
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