
Adolfo Kaminsky, né à Buenos Aires en 1925, avait appris chez un teinturier la chimie des colorants ; ce savoir de laboratoire fit de lui un faussaire de papiers d'identité. Trois cents enfants ont échappé à la déportation grâce à neuf cents faux documents fabriqués en trois jours. Il ne dormait pas : une heure de sommeil, calculait-il, valait trente vies. Il meurt en 2023.
L'histoire
Né à Buenos Aires le 1ᵉʳ octobre 1925 de parents juifs russes, arrivé à Paris en 1932 puis à Vire en 1938, Adolfo Kaminsky apprend la chimie des colorants chez un teinturier. C'est ce métier qui fera de lui un faussaire.
Sous le pseudonyme de Julien Keller, il devient « le faussaire de Paris ». Un chiffre résume le travail : neuf cents documents en trois jours pour sauver trois cents enfants promis à la déportation. Il ne dormait pas ; il calculait qu'une heure de sommeil coûtait trente vies.
Après la guerre, il entre aux services secrets français puis démissionne, refusant de travailler pour l'Indochine. Il aide l'émigration juive vers la Palestine, puis rejoint le réseau Jeanson et Henri Curiel pour le FLN algérien — en 1962, il fabrique un mètre cube de faux billets de cent francs.
Il continue pour les mouvements de libération d'Afrique et d'Amérique du Sud, pour les dissidents du Portugal, d'Espagne et de Grèce, pour les déserteurs américains du Vietnam, pour Cohn-Bendit en 1968. Son dernier faux papier date de 1971.
Il vivait de photographie : tirages pour Trauner et Carné dès 1950, photographies de rue à Paris, exposées au musée d'art et d'histoire du judaïsme en 2019. Il meurt à Paris le 9 janvier 2023, à quatre-vingt-dix-sept ans, et repose en division 53.
La sépulture
Une dalle surmontée d'un buste de marbre. L'inscription donne d'abord le métier, puis l'engagement en trois mots séparés de tirets : « Adolfo KAMINSKY, photographe, Résistant – Humaniste – Anticolonialiste, 1925-2023 ». Rien du faussaire, rien de Julien Keller, rien des neuf cents documents en trois jours — les trois mots suffisent, et c'est dans cet ordre qu'il se présentait.
Sur place, ne manquez pas
L'inscription met le métier avant le reste — « photographe » — puis trois mots séparés de tirets : « Résistant – Humaniste – Anticolonialiste ». C'est l'ordre dans lequel il se présentait lui-même.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Adolfo Kaminsky ?
En division 53, chemin du Bastion, première ligne, sous une dalle surmontée d'un buste de marbre. L'inscription énumère trois mots : « Résistant – Humaniste – Anticolonialiste », précédés de son métier, photographe.
Alfred AssolantQu'a fait Adolfo Kaminsky pendant l'Occupation ?
Des faux papiers, sous le nom de Julien Keller. Le chiffre qu'il citait lui-même : neuf cents documents en trois jours pour sauver trois cents enfants. Il calculait qu'une heure de sommeil coûtait trente vies, et ne dormait pas.
Daniel CordierA-t-il continué après la guerre ?
Jusqu'en 1971. Il a travaillé pour l'émigration juive vers la Palestine, pour le FLN avec le réseau Jeanson et Henri Curiel, pour les dissidents du Portugal, d'Espagne et de Grèce, et pour les déserteurs américains du Vietnam.
Henri CurielAdolfo Kaminsky était-il photographe ?
Oui, et c'était son métier déclaré : tirages pour Alexandre Trauner et Marcel Carné dès 1950, puis photographies de rue à Paris, exposées au musée d'art et d'histoire du judaïsme en 2019. La chimie servait les deux activités.
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