
Joffrin, ouvrier mécanicien né dans l'Aube, soutint la Commune et passa onze ans réfugié en Angleterre. Rentré avec l'amnistie, il entra au conseil municipal de Paris et en devint vice-président. Ce qui est gravé n'est pas une biographie mais une consigne, adressée aux jeunes du parti ouvrier : qu'ils remplissent leur tâche, et que leur vie soit une vie de travail et de dévouement.
L'histoire
L'épitaphe de l'ouvrier mécanicien Jules Joffrin n'énonce pas une biographie, elle transmet une consigne : « En partant je souhaite, aux jeunes du parti ouvrier, de remplir aussi leurs taches, que leur vie, soit ce qu'a été la mienne, Je crois une vie de travail, de sincérité et de dévouement, à la cause populaire. J. JOFFRIN. »
Né à Vendeuvre-sur-Barse, dans l'Aube, le 16 mars 1846, ouvrier mécanicien, il combat pendant la guerre franco-prussienne puis défend la mairie du 18e arrondissement pour la Commune de Paris en 1871. La Semaine sanglante le jette sur les routes de l'exil : onze ans en Angleterre comme réfugié politique.
Rentré à la faveur de l'amnistie, il adhère à un groupe socialiste opposé à la branche officielle menée par Jules Guesde, entre au conseil municipal de Paris en 1882 et en devient vice-président en 1888 et 1889. Les boulangistes de L'Intransigeant l'attaquent violemment — et c'est au général Boulanger en personne qu'il s'oppose dans le 18e arrondissement en 1889 : Boulanger obtient plus de voix, mais il est inéligible, et la Chambre valide Joffrin.
Il meurt à Paris le 15 septembre 1890, en cours de mandat. L'obélisque de la division 95 fut élevé par souscription nationale, sur concession gratuite accordée le 12 juin 1891, et porte un médaillon de bronze et un bonnet phrygien signés Auguste Suchetet.
La sépulture
Un obélisque élevé par souscription nationale sur une concession gratuite accordée par arrêté préfectoral du 12 juin 1891, orné d'un médaillon de bronze et d'un bonnet phrygien signés Auguste Suchetet (1854-1932). L'inscription énumère d'abord ses fonctions — « ouvrier mécanicien, membre du parti ouvrier, vice-président du Conseil Municipal de Paris, conseiller général de la Seine, député de Paris » — puis devient un testament : « En partant je souhaite, aux jeunes du parti ouvrier, de remplir aussi leurs taches, que leur vie, soit ce qu'a été la mienne, Je crois une vie de travail, de sincérité et de dévouement, à la cause populaire. J. JOFFRIN. »
Sur place, ne manquez pas
Obélisque orné d'un bonnet phrygien de bronze signé Auguste Suchetet. L'épitaphe est un testament adressé « aux jeunes du parti ouvrier ».
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Jules Joffrin ?
En division 95, avenue Transversale n°3, première ligne : un obélisque élevé par souscription nationale, orné d'un médaillon de bronze et d'un bonnet phrygien signés Auguste Suchetet en 1891. L'épitaphe est un testament.
André GillQue dit son épitaphe ?
C'est un testament politique : « En partant je souhaite, aux jeunes du parti ouvrier, de remplir aussi leurs taches, que leur vie, soit ce qu'a été la mienne […] une vie de travail, de sincérité et de dévouement, à la cause populaire. »
Eugène PottierPourquoi a-t-il été exilé ?
Pour avoir soutenu la Commune de Paris en 1871. Après la Semaine sanglante, il fuit en Angleterre, où il reste onze ans comme réfugié politique, avant de rentrer à la faveur de l'amnistie et d'entrer au conseil municipal de Paris en 1882.
Frédéric CournetQuelle était sa place au parti ouvrier ?
Dissidente : il adhéra à un groupe socialiste opposé à la branche officielle de Jules Guesde. Les boulangistes de L'Intransigeant l'attaquèrent violemment pendant ses années au conseil municipal de Paris.
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