
Cordier venait de l'extrême droite maurrassienne quand l'armistice de 1940 le retourne : à dix-neuf ans, il part rejoindre la France libre. Parachuté en 1942, il devient à Lyon l'homme qui tape, chiffre, range et transporte tout ce que Jean Moulin fait écrire. Galeriste après la guerre, il découvre Dubuffet et donnera plus de mille pièces au Centre Pompidou, en trois donations de 1973 à 2015. Son autobiographie paraît à quatre-vingt-neuf ans.
L'histoire
Né à Bordeaux le 10 août 1920, Daniel Bouyjou-Cordier vient de l'extrême droite maurrassienne. L'armistice le retourne : il rejoint la France libre le 25 juin 1940, à dix-neuf ans.
Parachuté près de Montluçon le 26 juillet 1942, il devient à Lyon le secrétaire de Jean Moulin — celui qui tape, code, classe et transporte tout ce que la Résistance intérieure écrit. Il aide à la mise en place du CNR, le 27 mai 1943.
Après la guerre, il change de vie : galeriste de 1956 à 1964, il découvre Dubuffet, Requichot, Michaux, et donnera à l'État, entre 1973 et 1989, plus de cinq cents œuvres aujourd'hui au Centre Pompidou.
Il consacre ses dernières décennies à l'histoire, et à Jean Moulin qu'il défend document par document. Son autobiographie, Alias Caracalla, paraît en 2009 : il a quatre-vingt-neuf ans.
Il meurt à Cannes le 20 novembre 2020, l'un des derniers Compagnons de la Libération ; un hommage national lui est rendu aux Invalides le 26 novembre. Il repose en division 27, chemin du Dragon, première ligne, avec sa mère et son beau-père.
La sépulture
L'inscription donne le nom que la clandestinité avait effacé — « Daniel BOUYJOU-CORDIER, Compagnon de la libération » — et, en dessous, une phrase d'Arthur Rimbaud : « J'ai tendu des cordes de clocher à clocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre, des chaines d'étoile à étoile, et je danse. » Pour un agent de liaison qui reliait des hommes entre eux sous l'Occupation, le vers vaut biographie. Il repose avec sa mère et son beau-père.
Sur place, ne manquez pas
L'épitaphe est de Rimbaud : « J'ai tendu des cordes de clocher à clocher […] et je danse. » Sur la tombe d'un homme qui a passé la guerre à relier des gens entre eux, le vers est mieux choisi qu'une citation de circonstance.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Daniel Cordier ?
En division 27, chemin du Dragon, première ligne, avec sa mère et son beau-père. L'inscription porte le nom que la clandestinité avait effacé — « Daniel BOUYJOU-CORDIER, Compagnon de la libération » — et une phrase de Rimbaud.
Gaston TissandierQuel était son rôle auprès de Jean Moulin ?
Celui de secrétaire, à partir de l'été 1942 : il tapait, codait, classait et transportait tout ce que la Résistance intérieure produisait. Il participa à la mise en place du Conseil national de la Résistance, le 27 mai 1943.
Robert ChambeironQu'a fait Daniel Cordier après la guerre ?
Il est devenu galeriste, de 1956 à 1964, découvrant Dubuffet, Requichot et Michaux, puis a donné plus de mille pièces de sa collection au Centre Pompidou, en trois donations de 1973 à 2015. L'histoire de Jean Moulin a occupé ses dernières décennies.
Karel AppelQue dit l'épitaphe de Daniel Cordier ?
Une phrase d'Arthur Rimbaud : « J'ai tendu des cordes de clocher à clocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre, des chaines d'étoile à étoile, et je danse. » Le mot « cordes » y répond à son nom, et à son métier d'agent de liaison.
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