
Guitariste avant d'être chanteur, Henri Salvador avait dix-huit ans quand Django Reinhardt l'engagea comme accompagnateur. En 1956, sous le pseudonyme d'Henry Cording, il grava sur des paroles de Boris Vian des rocks qu'il tenait pour une plaisanterie ; « Jardin d'hiver » lui valut un triomphe à quatre-vingt-trois ans. Sur sa dalle, son nom voisine avec celui de Jacqueline, sa première femme, qui fut aussi son agent pendant vingt-six ans.
L'histoire
Henri Salvador naît à Cayenne, en Guyane, le 18 juillet 1917. Guitariste avant d'être chanteur, il joue au Jimmy's Bar quand Django Reinhardt le remarque et l'engage comme accompagnateur : il a dix-huit ans. Il part ensuite avec l'orchestre de Ray Ventura en Amérique du Sud, où il passe la guerre, de 1941 à 1945.
Rentré en France, il devient l'un des chanteurs les plus populaires du pays : « Syracuse », « Maladie d'amour », « Le Loup, la Biche et le Chevalier », et des chansons comiques — « Le Travail c'est la santé », « Zorro est arrivé » — qui masqueront longtemps le musicien.
En 1956, sous le pseudonyme d'Henry Cording, il grave quelques-uns des tout premiers rocks enregistrés en France, sur des paroles de Boris Vian et une musique de Michel Legrand : il ne voulait pas signer de son nom ce qu'il prenait pour une plaisanterie.
Avec Sacha Distel, il est l'un des deux seuls chanteurs de variété à figurer dans le « Dictionnaire du jazz ». En 1964 il fonde son propre label, Rigolo, qui publiera ses disques pendant vingt ans. Et c'est lui qui prête sa voix au crabe Sébastien dans la version française de « La Petite Sirène ».
« Jardin d'hiver », écrit par Keren Ann et Benjamin Biolay, ouvre en décembre 2000 l'album « Chambre avec vue » : à quatre-vingt-trois ans, Salvador y trouve un triomphe qu'il n'attendait plus, et l'album lui vaut plusieurs Victoires de la musique. Il meurt d'une rupture d'anévrisme à son domicile parisien le 13 février 2008, à quatre-vingt-dix ans, et repose en division 97, auprès de Jacqueline.
La sépulture
Une large dalle de marbre blanc, signée de l'entreprise Lecreux Frères, dont la tranche porte les deux noms côte à côte, gravés et peints en bleu : « Henri Salvador, 1918-2008 » et « Jacqueline Salvador, 1925-1976 ». La première date est fausse — le chanteur est né le 18 juillet 1917 à Cayenne — et l'erreur d'un an n'a jamais été reprise. Jacqueline Garabédian était sa première femme et son agent artistique ; elle est morte d'un cancer en 1976, à cinquante ans, et il s'est remarié en 2001. En tête de dalle, une plaque inclinée porte son portrait à elle dans un médaillon ovale, avec une dédicace des amis de Marseille. Rien, sur la pierre, ne dit la guitare, le jazz ni la Guyane.
Sur place, ne manquez pas
Les deux noms sont côte à côte sur la tranche de la dalle, en lettres bleues : « Henri SALVADOR 1918 – 2008 », un an de trop, et « Jacqueline SALVADOR 1925 – 1976 ». Regardez ensuite la plaque inclinée en tête de tombe : elle porte son portrait à elle, dans un médaillon ovale.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Henri Salvador ?
En division 97, avenue Transversale n°3, première ligne, dans la partie haute et orientale du cimetière — la division du carré communiste, où reposent Maurice Thorez, Paul Éluard et Henri Barbusse sous sa stèle de pierre de l'Oural. Cherchez une large dalle de marbre blanc, presque toujours fleurie.
Maurice ThorezY a-t-il une erreur sur sa tombe ?
Oui, dans l'année de naissance : la dalle porte « 1918 » alors qu'il est né le 18 juillet 1917 à Cayenne. L'erreur d'un an n'a jamais été corrigée. Elle n'est pas unique au Père-Lachaise : la stèle de Francis Poulenc le fait naître en 1900 quand il est né en 1899 — jour et mois exacts, année fausse, la même erreur exactement.
Francis PoulencQui était Henry Cording ?
C'était lui : le pseudonyme sous lequel il grava en 1956 quelques-uns des tout premiers rocks enregistrés en France, sur des paroles de Boris Vian et une musique de Michel Legrand. Il ne voulait pas signer de son nom ce qu'il prenait pour une plaisanterie.
Stéphane GrappelliÉtait-il vraiment un musicien de jazz ?
Django Reinhardt l'a remarqué au Jimmy's Bar et engagé comme accompagnateur en 1935, quand il avait dix-huit ans ; il est aujourd'hui, avec Sacha Distel, l'un des deux seuls chanteurs de variété à figurer dans le « Dictionnaire du jazz ». Ses chansons comiques ont longtemps masqué le guitariste.
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