
Francis Poulenc se connaissait bien : un critique l'avait dit « moine et voyou », et il reprenait volontiers la formule. La messe et le music-hall cohabitent chez lui, souvent dans la même page, sans que l'un désarme l'autre. Ses Dialogues des Carmélites, en 1957, envoient seize religieuses au supplice sur un chant qui s'éteint une voix après l'autre. Il meurt en 1963.
L'histoire
Francis Poulenc naît à Paris le 7 janvier 1899. Ses « Mouvements perpétuels », en 1918, le font connaître à dix-neuf ans, et il devient l'un des six compositeurs que la critique regroupe sous l'étiquette du Groupe des Six.
Un critique l'a résumé d'une formule qu'il aimait assez pour la reprendre : « moine et voyou ». Il y a chez lui la messe et le music-hall, souvent dans la même œuvre, sans que l'une désarme l'autre.
Le versant sacré donne le « Stabat Mater », composé en 1950 à la mémoire de Christian Bérard — le décorateur de Cocteau, qui repose en division 16.
« Dialogues des Carmélites », en 1957, est son grand opéra : seize religieuses montant à l'échafaud, sur un chant qui s'éteint voix par voix. « La Voix humaine », en 1959, met en musique un monologue de Cocteau pour une femme et un téléphone.
Il meurt d'une crise cardiaque le 30 janvier 1963. Sa chapelle de la division 5 porte un vitrail abstrait — et une date de naissance erronée : « 7 janvier 1900 ».
La sépulture
Une chapelle ornée d'un vitrail abstrait — rare au Père-Lachaise, où le vitrail funéraire reste d'ordinaire figuratif ou floral, comme celui de Caillebotte en division 70. L'inscription se limite à trois éléments : « Francis Poulenc, 7 janvier 1900, 30 janvier 1963 ». La première date est fausse : le compositeur est né le 7 janvier 1899. Le jour et le mois sont exacts, seule l'année a glissé, et rien n'a été corrigé. Ni le Groupe des Six, ni les Carmélites, ni la musique ne figurent sur la pierre.
Sur place, ne manquez pas
Le vitrail abstrait de la chapelle, et sous lui la date fausse : « 7 janvier 1900 ».
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Francis Poulenc ?
En division 5, chemin Serré, première ligne, dans la partie basse du cimetière — la même allée que la sépulture de Pierre Bellemare. C'est une chapelle, ornée d'un vitrail abstrait, rare ici.
Pierre BellemareY a-t-il une erreur sur sa tombe ?
Oui, dans l'année de naissance : la stèle porte « 7 janvier 1900 » alors qu'il est né le 7 janvier 1899. Le jour et le mois sont justes, seule l'année a glissé — comme sur les dalles de Salvador et de Dupuytren.
Henri SalvadorPourquoi disait-on de lui « moine et voyou » ?
Parce que son œuvre tient les deux bouts : la messe et le music-hall, la mystique des « Dialogues des Carmélites » et la légèreté de ses mélodies. La formule était d'un critique, et elle lui plaisait assez pour qu'il la reprenne.
Luigi CherubiniPour qui a-t-il écrit son Stabat Mater ?
À la mémoire de Christian Bérard, le décorateur de Cocteau et de Jouvet, mort subitement en 1949 pendant les répétitions des « Fourberies de Scapin ». Bérard repose en division 16 du même cimetière.
Christian BérardAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
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