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Portrait de Stéphane GRAPPELLI
Musique classique

Stéphane GRAPPELLI

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Violoniste de jazz.

Stéphane Grappelli connut l'orphelinat et la rue, tenait le piano sous les films muets dans les salles de quartier, et entra au Conservatoire à douze ans. Avec Django Reinhardt, il monte en 1934 un quintette sans batterie ni cuivres, tout en cordes — une idée qu'aucun orchestre américain n'avait eue. Sa seconde carrière, tardive, fut immense, d'Oscar Peterson à Yehudi Menuhin. Il repose au columbarium dans la case de son père.

Division87
Dates1908 – 1997

L'histoire

Stéphane Grappelli naît à Paris le 26 janvier 1908. Sa mère meurt quand il est tout petit ; son père, un Italien de Nettuno, l'envoie à six ans à l'école de danse d'Isadora Duncan, puis doit le confier à un orphelinat. Il apprend le violon dans la rue, accompagne les films muets au piano, et entre au Conservatoire le 31 décembre 1920, à douze ans.

En 1934, il fonde avec le guitariste Django Reinhardt le Quintette du Hot Club de France : trois guitares — celle de Django en solo, deux autres en rythme —, une contrebasse et un violon, sans batterie ni cuivres. Un orchestre de jazz entièrement à cordes : aucun Américain n'y avait pensé, et ils l'écoutèrent.

La guerre les sépare : Grappelli est à Londres en 1939 quand elle éclate, et il y reste. Ils se retrouvent dans cette même ville en avril 1946, après six ans, et le premier morceau qu'ils enregistrent ensemble est La Marseillaise — parue sous le titre « Echoes of France ». Django meurt en 1953.

Sa seconde carrière est immense et tardive. Il enregistre plus d'une centaine de titres avec Oscar Peterson, Jean-Luc Ponty, Yehudi Menuhin, et grave en juin 1995, à quatre-vingt-sept ans, le « Flamingo » de Michel Petrucciani : paru l'année suivante, il dépassera cent mille exemplaires en France — l'un des rares disques d'or du jazz.

Il joue jusqu'à quatre-vingt-huit ans et meurt d'une défaillance cardiaque le 1ᵉʳ décembre 1997. Ses cendres sont déposées au columbarium, case 417, dans celle où son père reposait depuis 1939 — Georges Perec est sur la même paroi, case 382.

La sépulture

Une case de columbarium, la 417, fermée d'une plaque de marbre noir aux lettres dorées ; le numéro est peint à la main sur la pierre, au-dessus. Elle porte trois noms : Ernest Grappelli, 1876-1939, son père, l'Italien de Nettuno qui l'éleva seul et dut le confier à un orphelinat ; Stéphane Tanasesco, 1956-1991, mort à trente-cinq ans, dont rien ne dit qui il était ; et Stéphane Grappelli, 1908-1997, en dernier. Rien, sur la plaque, ne parle de violon ni de jazz.

Sur place, ne manquez pas

La plaque de la case 417 porte trois noms et deux Stéphane : son père Ernest, mort en 1939 ; Stéphane Tanasesco, mort à trente-cinq ans en 1991 ; et lui. Georges Perec est sur la même paroi, case 382. Isadora Duncan est plus loin dans le bâtiment — c'est chez elle, à six ans, qu'on avait envoyé Grappelli apprendre à danser.

Les questions des visiteurs

Où se trouve la tombe de Stéphane Grappelli ?

Au columbarium du Père-Lachaise, en division 87, case 417 — ce sont ses cendres, et non une tombe, et la plaque porte trois noms. Georges Perec est sur la même paroi, case 382 ; Isadora Duncan, Max Ernst et la plaque de Maria Callas sont ailleurs dans le bâtiment.

Mezz Mezzrow

Qu'est-ce que le Quintette du Hot Club de France ?

La formation qu'il fonda en 1934 avec Django Reinhardt : trois guitares, une contrebasse et un violon, sans batterie ni cuivres. Un orchestre de jazz entièrement à cordes — une formule que les Américains n'avaient pas essayée, et qu'ils sont venus écouter.

Michel Petrucciani

Avec qui a-t-il enregistré ?

Plus d'une centaine de titres, avec Oscar Peterson, Jean-Luc Ponty, Yehudi Menuhin, et avec Michel Petrucciani le « Flamingo » enregistré en juin 1995 et paru l'année suivante, qui dépassa cent mille exemplaires en France — l'un des rares disques d'or du jazz.

Manu Dibango

Quel âge avait-il quand il a cessé de jouer ?

Il a joué jusqu'à quatre-vingt-huit ans et est mort le 1ᵉʳ décembre 1997, à quatre-vingt-neuf. Sa seconde carrière, après-guerre, a duré bien plus longtemps que ses années avec Django Reinhardt : cinq ans de quintette avant la guerre, un demi-siècle après.

Max Ernst

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