
Caroline Rivière pose à treize ans, en 1806, devant un jeune peintre que personne ne connaît encore et qui s'appelle Ingres. On la voit en robe blanche, les mains croisées, un boa de fourrure aux bras, devant un paysage vide ; il est aujourd'hui au Louvre. Elle meurt quelques mois après la dernière séance, à quatorze ans. Ingres, lui, venait de partir pour Rome.
L'histoire
Née à Villefranche le 2 février 1793, Caroline Rivière est la fille de Philibert Rivière, maître des requêtes au Conseil d'État — une famille de la haute administration impériale, qui commande son portrait comme on commande un meuble.
En 1805, elle pose pour un peintre de vingt-cinq ans qui n'est encore personne : Jean-Auguste-Dominique Ingres. Le tableau la montre en robe blanche, un long boa aux épaules, gantée jusqu'au coude, dans un paysage vide.
Le portrait resta soixante-quatre ans dans la famille : c'est sa belle-sœur qui le légua, en 1870, au musée du Louvre. Il est de ceux devant lesquels on s'arrête sans savoir pourquoi.
Elle meurt à Paris le 12 juin 1807, à quatorze ans. Ingres était parti pour Rome neuf mois plus tôt, quelques jours avant le Salon où la critique jugea son portrait sec et gothique.
Elle repose en division 44, sur le chemin qui sépare les divisions 44 et 91, deuxième ligne, auprès de son père. Un médaillon de marbre la représente de profil, dans une couronne de fleurs, sous une épitaphe à l'orthographe de son temps : « elle fit le bonheur de ses parens ».
La sépulture
Un médaillon de marbre la représente de profil, dans une couronne de fleurs sculptée. L'épitaphe la place en second : « Près de son père est Caroline RIVIERE née à Villefranche le 2 février 1793, décédée à Paris le 12 juin 1807. Modèle de bonté, de beauté, elle fit le bonheur de ses parens et l'admiration. » La phrase reste inachevée, et « parens » suit l'orthographe du temps. Une erreur y demeure : le père, Philibert Rivière, y est dit mort en 1816 alors qu'il est mort en 1831.
Sur place, ne manquez pas
Le médaillon de marbre, de profil, dans sa couronne de fleurs — et la première ligne de l'épitaphe, qui dit tout de la hiérarchie familiale : « Près de son père est Caroline RIVIERE ».
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Caroline Rivière ?
En division 44, sur le chemin qui sépare les divisions 44 et 91, deuxième ligne. Un médaillon de marbre la montre de profil dans une couronne de fleurs. La division est celle de Sarah Bernhardt et d'Allan Kardec.
Sarah BernhardtOù voir le portrait de Caroline Rivière ?
Au musée du Louvre. Ingres l'a peinte en 1806, à treize ans : robe blanche, boa de fourrure, mains croisées devant un paysage vide. Il avait vingt-six ans et n'était pas encore célèbre ; elle est morte l'année suivante.
Jean-Auguste-Dominique IngresQue voit-on sur sa tombe ?
Un médaillon de marbre qui la représente de profil, entouré d'une couronne de fleurs, et une épitaphe qui commence par « Près de son père est Caroline RIVIERE ». Le père et la fille reposent ensemble depuis 1807.
Philippe-Laurent RolandY a-t-il une erreur sur cette tombe ?
Oui, sur son père : la pierre le dit « décédé le 16 mai 1816 » alors qu'il est mort en 1831. L'épitaphe porte aussi « parens », orthographe du temps. Le cimetière compte une quinzaine d'erreurs de date gravées.
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