
Ingres a vécu dix-huit années en Italie, tirant du portrait au crayon de quoi patienter jusqu'aux commandes. Chez lui, la ligne décide de tout, et l'anatomie cède quand la courbe le demande. Il prit la tête du parti du dessin face à celui de la couleur, que menait Delacroix, et la dispute occupa trente ans le monde des arts. À quatre-vingt-deux ans, il peignait encore Le Bain turc.
L'histoire
Jean-Auguste-Dominique Ingres naît à Montauban le 29 août 1780. Grand prix de peinture en 1801, il passe cinq ans à la Villa Médicis et reste dix-huit ans en Italie, où il vit du portrait au crayon en attendant les commandes.
« La Baigneuse de Valpinçon » en 1808, « Jupiter et Thétis » en 1811, « La Grande Odalisque », « Le Bain turc » à quatre-vingt-deux ans : une œuvre où la ligne commande tout, et où l'anatomie se déforme quand la courbe l'exige.
Il devient le chef du parti du dessin contre celui de la couleur, incarné par Delacroix. La querelle a occupé le milieu artistique pendant trente ans ; les deux hommes reposent aujourd'hui à quelques divisions l'un de l'autre.
Baudelaire, qui n'aimait pas la doctrine, a vu la force du peintre et l'a rapproché de Courbet — chez l'un comme chez l'autre, une exactitude qui déborde l'académie.
Sénateur, grand-officier de la Légion d'honneur, il meurt d'une pneumonie le 14 janvier 1867, à quatre-vingt-six ans. Ses deux femmes, Marie Madeleine Chapelle et Delphine Ramel, reposent avec lui en division 23.
La sépulture
Une stèle signée de l'architecte Victor Baltard — celui des Halles de Paris — surmontée d'un buste de marbre par Jean-Marie Bonnassieux. L'inscription aligne les titres en chiffres romains, « peintre d'histoire, membre de l'Institut, sénateur, grand-officier de la Légion d'honneur », et se termine par une phrase qui n'est pas modeste : « Il vécut glorieusement, par son caractère, par ses œuvres. » Ses deux femmes y reposent, Marie Madeleine Chapelle, morte en 1849, et Delphine Ramel, morte en 1887. Sur l'inscription de la première, l'année de naissance est gravée « MLCCLXXXII » — notation romaine impossible, là où l'on attendait MDCCLXXXII.
Sur place, ne manquez pas
La dernière ligne de l'épitaphe, et sur l'inscription de sa première femme la date romaine fautive : MLCCLXXXII.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Ingres ?
En division 23, avenue Saint-Morys, quatrième ligne, dans la partie ancienne du cimetière. La stèle est de l'architecte Victor Baltard, celui des Halles, et le buste de marbre de Jean-Marie Bonnassieux.
Eugène DelacroixQu'est-ce que la querelle du dessin et de la couleur ?
Le débat qui a divisé la peinture française pendant trente ans : Ingres tenait pour la ligne, Delacroix pour la couleur. Les deux chefs de parti reposent aujourd'hui à quelques divisions l'un de l'autre au Père-Lachaise.
Camille CorotQue dit son épitaphe ?
Après l'énumération de ses titres — peintre d'histoire, membre de l'Institut, sénateur, grand-officier de la Légion d'honneur — une seule phrase : « il vécut glorieusement, par son caractère, par ses œuvres ».
Thomas CoutureY a-t-il une erreur gravée sur sa tombe ?
Sur l'inscription de sa première femme, Marie Madeleine Chapelle, dont l'année de naissance est notée « MLCCLXXXII » — une suite qui n'est pas une notation romaine valide. On attendait MDCCLXXXII, soit 1782.
Adolphe ThiersAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
Découvrez les secrets des tombes les plus étonnantes
l'audio guideà partir de6,99 €