
Willy Rizzo tomba au bon moment : les magazines d'après-guerre réclamaient des images, et nul n'en donnait de meilleures. Il couvrit le procès de Nuremberg à dix-sept ans pour la presse illustrée d'après-guerre, puis signa en 1949 la première couverture en couleurs de Paris Match, un portrait de Churchill ; Hergé s'inspira de lui pour créer le photographe des aventures de Tintin. Installé à Rome en 1968, il se mit à dessiner des meubles. Sa pierre énumère ses trois vies.
L'histoire
Né Willy Eros Rizzo à Naples en 1928, il photographie très jeune et arrive au bon moment : la presse illustrée d'après-guerre a besoin d'images, et il en fournit mieux que personne.
Il couvre le procès de Nuremberg à dix-sept ans, pour la presse illustrée de l'immédiat après-guerre ; quand Paris Match naît en 1949, il en signe la première couverture en couleurs, un portrait de Churchill.
Hergé s'en inspire pour créer Walter Rizotto, le photographe de « Paris-Flash » dans « Les Bijoux de la Castafiore » : un reporter dessiné d'après un reporter réel, et un magazine décalqué du sien.
Directeur artistique de Marie-Claire en 1959, il change ensuite de métier : installé à Rome, il fonde en 1968 une fabrique de meubles qui comptera cent cinquante salariés, et la revend dix ans plus tard.
Il meurt le 25 février 2013 et repose en division 21, chemin Berthollé, première ligne. La pierre énumère ses trois vies : « Artiste, Photographe Designer ».
La sépulture
Une pierre sobre, qui n'énumère que des métiers : « Willy RIZZO, 1928-2013, Artiste, Photographe Designer ». Trois mots pour trois vies — le reporter de dix-sept ans à Nuremberg, le portraitiste du Tout-Paris pour Paris Match, et le dessinateur de meubles installé à Rome. Rien n'y rappelle qu'un personnage de Tintin, le photographe Walter Rizotto, lui doit son nom.
Sur place, ne manquez pas
L'inscription tient en trois mots de métier : « Artiste, Photographe Designer ». Rien de Paris Match, rien de Nuremberg, rien du personnage de Tintin qui porte son nom déformé.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Willy Rizzo ?
En division 21, chemin Berthollé, première ligne, sous une pierre qui résume ses métiers : « Artiste, Photographe Designer ». La division est aussi celle du mime Marcel Marceau. Rien n'y rappelle Paris Match, où il fit l'essentiel de sa carrière.
Marcel MarceauQu'a photographié Willy Rizzo ?
Le procès de Nuremberg à dix-sept ans, pour la presse illustrée d'après-guerre ; puis Churchill, pour la première couverture en couleurs de Paris Match en 1949, puis Picasso, Yves Saint Laurent et le Tout-Paris des années 1950 à 1970. Il fut directeur artistique de Marie-Claire en 1959.
NadarUn personnage de Tintin s'inspire-t-il de lui ?
Oui : Walter Rizotto, le photographe des aventures de Tintin, doit son nom et sa silhouette à Willy Rizzo. Hergé, lecteur de la presse illustrée, avait pris son reporter chez les vrais : Rizzo, qui avait couvert Nuremberg à dix-sept ans, photographiait alors le Tout-Paris pour Paris Match.
Philippe HonoréWilly Rizzo était-il aussi designer ?
Oui, et c'est sa seconde carrière : installé à Rome à partir de 1968, il dessine des meubles dont certains sont entrés dans les collections du Metropolitan Museum of Art de New York. Sa pierre le dit « Photographe Designer ».
René LaliqueAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
Découvrez les secrets des tombes les plus étonnantes
l'audio guideà partir de6,99 €