
Il fonda en 1869 Le Droit des femmes, premier périodique français entièrement consacré à cette cause, puis, avec Maria Deraismes, la Ligue dont Victor Hugo accepta la présidence d'honneur. Il écartait pourtant le droit de vote, jugeant les femmes trop soumises au clergé.
L'histoire
Né en 1824, Léon Richer est journaliste et franc-maçon. En 1869, sous un Second Empire finissant qui suspend les journaux d'un trait de plume, il fonde Le Droit des femmes : le premier périodique français entièrement consacré à la cause des femmes. Le titre est un programme ; il le tiendra plus de vingt ans, et le journal servira de tribune à toute une génération de militantes.
Il travaille avec Maria Deraismes, oratrice et femme de lettres, avec qui il organise en 1878 le premier Congrès international du droit des femmes, à Paris. Les deux fondent en 1882 la Ligue française pour le droit des femmes, dont Victor Hugo accepte la présidence d'honneur — première organisation féministe durable du pays. Le congrès de 1878 réunit des délégations venues de toute l'Europe et des États-Unis, et fixe pour la première fois un programme commun.
Sa stratégie est celle des réformes graduelles, et elle le distingue de courants plus radicaux. Il donne la priorité au droit civil : rétablissement du divorce, obtenu en 1884, droits des femmes mariées sur leur salaire et leurs biens, égalité dans l'éducation. Il écarte délibérément le droit de vote, jugeant que les femmes, encore sous influence cléricale, en feraient un usage hostile à la République. Le divorce, supprimé en 1816 sous la Restauration, avait mis soixante-huit ans à être rétabli.
Le mouvement qu'il avait fondé fit du suffrage son combat principal dès les années 1900, à rebours de sa propre stratégie : le calcul lui fut reproché, et son nom tomba dans l'oubli quand celui de Maria Deraismes, plus radicale, restait. Il meurt en 1911, à quatre-vingt-sept ans. La Ligue française pour le droit des femmes, elle, existe toujours.
Sur place, ne manquez pas
La Ligue française pour le droit des femmes, qu'il a fondée en 1882 avec Maria Deraismes, existe toujours.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Léon Richer ?
En division 48 du Père-Lachaise, celle de Balzac et de l'obélisque de Félix de Beaujour, le plus haut monument du cimetière. Hubertine Auclert, qui réclamait le vote des femmes qu'il écartait, le tenait pour le « père du féminisme ».
Hubertine AuclertQu'est-ce que Le Droit des femmes ?
Le journal qu'il fonde en 1869 : le premier périodique français entièrement consacré à la cause des femmes. Il le dirigera plus de vingt ans, sous un Second Empire finissant qui muselait encore la presse.
Marie Béquet de VienneQuel lien avec Maria Deraismes ?
Ils ont fondé ensemble le féminisme organisé français : le Congrès international du droit des femmes en 1878, puis la Ligue française pour le droit des femmes en 1882, dont Victor Hugo accepta la présidence d'honneur.
Gisèle HalimiÉtait-il favorable au droit de vote ?
Non, et c'est ce qui lui a été reproché : il l'écartait délibérément, jugeant que les femmes, encore sous influence cléricale, en feraient un usage hostile à la République. Il donnait la priorité au droit civil.
Louis BlancAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
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