La Tombe du Dragon (Antoine de GUILLAUME-LAGRANGE)
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Sous-officier au 16e régiment de dragons.
Antoine de Guillaume-Lagrange, sous-officier au 16e régiment de dragons, fils unique, est tué en Pologne le 4 février 1807, à vingt-cinq ans et demi. Son corps reste là-bas. Sa mère fait élever à Paris, vers 1809, la première sculpture du cimetière — et y fait graver tout ce qu'elle sait de sa mort, jusqu'à ses derniers mots : « Ma mère ! ma pauvre mère ! »
L'histoire
Antoine de Guillaume-Lagrange, né à Orléans, sous-officier au 16e régiment de dragons, s'est battu à Austerlitz, à Iéna, à Erfurt et à Spandau. Il meurt en Pologne le 4 février 1807, pendant la campagne de l'Empire contre la Russie et la Prusse. Sa pierre le dit « âgé de 25 ans et 6 mois ».
Son corps reste sur place. C'est sa mère qui fait élever le monument, vers 1809, dans un bosquet du cimetière ouvert cinq ans plus tôt : une tombe sans corps, et la première sculpture du Père-Lachaise. On la doit à Étienne-Hippolyte Godde, qui sera l'architecte de la Ville de Paris.
La face avant réunit tout : son médaillon sous une couronne de laurier, un sabre et une carabine sculptés de part et d'autre du texte, une femme drapée effondrée au pied de la pierre, et l'épitaphe latine STA VIATOR HEROEM VIDES — arrête-toi, voyageur, tu vois un héros.
Au dos, sa mère a fait graver le récit de sa mort : à l'entrée d'un village, dans un passage dangereux, on demanda qui voulait passer le premier ; il cria « C'est moi », s'élança, et une balle lui perça le cœur. Ses derniers mots, gravés eux aussi : « Ma mère ! ma pauvre mère ! »
Le bosquet, en division 29, a pris le nom de « bosquet du Dragon », et l’allée voisine celui de chemin du Dragon. Sous la Restauration, le lieu sert de rendez-vous discret aux nostalgiques de l’Empire, au point que les autorités remanient les allées et posent des barrières pour disperser les visites. Le monument est classé monument historique depuis 1983.
La sépulture
Une stèle dressée par la mère du mort, et la première sculpture du cimetière : elle est de l'architecte Étienne-Hippolyte Godde, né la même année que lui. La face avant porte le médaillon du jeune homme sous une couronne de laurier, un sabre et une carabine sculptés de part et d'autre, une femme drapée effondrée au pied, et l'épitaphe latine STA VIATOR HEROEM VIDES — arrête-toi, voyageur, tu vois un héros. Au dos, un long texte français, écrit par sa mère, raconte sa mort à l'entrée d'un village de Pologne : on demanda qui passerait le premier, il répondit « C'est moi », et une balle lui perça le cœur. Le corps est resté là-bas ; le monument, classé depuis 1983, a donné son nom au bosquet et au chemin du Dragon.
Sur place, ne manquez pas
Sur la face avant, tout est réuni : le médaillon sous sa couronne de laurier, le sabre et la carabine sculptés de part et d'autre du texte, et en bas une femme drapée, agenouillée, le visage caché. Passez derrière pour lire ce que sa mère a fait graver. Puis regardez le nom de l'allée — chemin du Dragon : c'est ce monument qui l'a nommée.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la Tombe du Dragon ?
En division 29, chemin du Dragon, cinquième ligne — l'allée porte le nom du monument, et non l'inverse. La division est aussi celle du maréchal Ney, du diplomate Caulaincourt et de Claude Chappe. Le monument, élevé vers 1809, est classé monument historique depuis 1983.
Le maréchal NeyQue dit l'épitaphe de la Tombe du Dragon ?
STA VIATOR HEROEM VIDES : « arrête-toi, voyageur, tu vois un héros ». Ces trois mots sont gravés sur la face avant, au-dessus de l'hommage d'une mère à son fils unique. Le dos porte un tout autre texte, long et français, où elle raconte sa mort et cite ses derniers mots.
Benjamin ConstantLe corps est-il vraiment dans la Tombe du Dragon ?
Non. Antoine de Guillaume-Lagrange est mort en Pologne le 4 février 1807 et y est resté : le monument parisien est un cénotaphe, comme ceux de Murat, de Monge ou de Maria Callas. Sa mère, qui ne reverrait jamais son corps, a fait graver sa mort dans la pierre à défaut de pouvoir l'enterrer.
Joachim MuratPourquoi les bonapartistes s'y retrouvaient-ils ?
Parce qu'après 1815 il fallait un lieu où saluer l'Empire sans le dire. Le bosquet du Dragon en tint lieu, jusqu'à ce que les autorités remanient les allées voisines et posent des barrières pour disperser les rassemblements. Le bosquet et le chemin du Dragon en ont gardé le nom.
Armand de CaulaincourtAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
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