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Portrait de Benjamin CONSTANT
Écrivains & poètes

Benjamin CONSTANT

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Écrivain et homme politique.

Benjamin Constant, né à Lausanne en 1767, apprit vers cinq ans, d'un précepteur, une « langue secrète » dont il découvrit bien plus tard que c'était du grec. Germaine de Staël, dont il fut l'amant à partir de 1794, l'installa dans le cercle de Coppet, où se pensait un libéralisme opposé à Bonaparte. Il écrivit Adolphe en 1806 et attendit dix ans avant de le publier : cent pages sur un homme qui a cessé d'aimer et n'ose pas l'avouer.

EmplacementChemin du Dragon, 1ʳᵉ ligne
Division29
Dates1767 – 1830

L'histoire

Benjamin Constant de Rebecque naît à Lausanne le 25 octobre 1767, dans une famille protestante d'origine française. Sa mère meurt huit jours plus tard. Son enfance est confiée à un précepteur allemand qui le roue de coups puis l'étouffe de caresses pour qu'il ne se plaigne pas — l'enfant se tait. C'est ce même homme qui lui apprend, vers cinq ans, une « langue secrète » dont il ne saura que plus tard qu'elle était le grec.

Sa liaison avec Germaine de Staël, à partir de 1794, le place au centre du cercle de Coppet, foyer du libéralisme opposé à Bonaparte. Membre du Tribunat après le 18 brumaire, il en est évincé en 1802 et part en exil.

Il compose « Adolphe » en 1806 et ne le publie qu'en 1816 : cent pages sur un homme qui n'aime plus et n'ose pas le dire, l'un des livres fondateurs du roman psychologique.

Conseiller d'État de Napoléon pendant les Cent-Jours après l'avoir combattu, réfugié en Angleterre, il revient sous la Restauration et se fait élire en 1819 à la Chambre des députés, où il devient l'un des orateurs libéraux les plus écoutés. « De la religion » paraît en cinq volumes à partir de 1824.

Il meurt à Paris en 1830, quelques mois après les Trois Glorieuses. Ses funérailles, le 12 décembre, sont représentées dans une huile anonyme conservée au musée Carnavalet. Il repose en division 29.

La sépulture

Un monument sobre, sans sculpture, dont tout l'intérêt tient à trois mots. L'inscription s'ouvre sur une devise latine, « In arduis constans » — constant dans les difficultés — qui joue sur le nom même du défunt, puis donne l'état civil : « Constant de Rebecque, dit Benjamin Constant, 1767-1830 ». Le procédé est celui d'une devise de blason, appliqué à un homme qui n'en avait pas, et il résume avec exactitude une carrière passée à tenir la même position sous quatre régimes successifs.

Sur place, ne manquez pas

Les trois mots latins gravés en tête de la pierre — « In arduis constans » — et la manière dont ils enferment son nom.

Les questions des visiteurs

Où se trouve la tombe de Benjamin Constant ?

En division 29, chemin du Dragon, première ligne, dans la partie ancienne et haute du cimetière — la même division que le monument sans inscription de Claude Chappe. La pierre est sobre et porte une devise latine.

Claude Chappe

Que signifie « In arduis constans » ?

« Constant dans les difficultés ». L'épitaphe joue sur son nom propre, et résume une vie passée à défendre le libéralisme sous des régimes qui s'y opposaient tous, de Bonaparte à la Restauration.

Paul Barras

Qu'est-ce qu'« Adolphe » ?

Un roman de cent pages, composé en 1806 et publié en 1816, sur un homme qui n'aime plus et n'ose pas le dire. C'est l'un des livres fondateurs du roman psychologique français, et le seul roman achevé de Constant.

Roger de Beauvoir

Quel était son lien avec Germaine de Staël ?

Une liaison commencée en 1794 qui le plaça au centre du cercle de Coppet, le foyer du libéralisme européen opposé à Bonaparte. Elle a formé sa pensée politique autant qu'elle a nourri son œuvre romanesque.

Marie d'Agoult

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