
Michel Petrucciani, atteint d'ostéogenèse imparfaite — la maladie des os de verre —, ne dépassa jamais un mètre : il fallait le porter jusqu'au piano. Flamingo, enregistré avec Stéphane Grappelli, dépassa cent mille exemplaires : l'un des très rares disques d'or du jazz. Il repose à quelques mètres de Chopin, sous une pierre gravée « compositeur, pianiste de jazz ».
L'histoire
Michel Petrucciani naît le 28 décembre 1962 à Orange, d'un père italien et d'une mère anglaise. Il est atteint d'ostéogenèse imparfaite — la maladie des os de verre — et ne dépassera jamais un mètre. « J'étais séquestré à la maison, mes parents avaient tellement peur de me laisser sortir », dira-t-il. L'un de ses premiers souvenirs est un concert de Count Basie au Théâtre antique d'Orange, où le pianiste américain lui pose sa casquette sur la tête.
Ses parents ouvrent un magasin de musique à Montélimar ; il y accorde des guitares et fait des démonstrations d'orgue. En 1980, il enregistre à Apt son premier disque, « Flash », et rencontre le producteur Jean-Jacques Pussiau. Il faut déjà adapter les pédales du piano à sa taille, comme il faudra le faire dans toutes les salles où il jouera.
En 1981, il part pour la Californie et se fixe à Big Sur, dans un institut thérapeutique qui le loge et le nourrit en échange de son piano. Un bœuf mémorable avec le saxophoniste Charles Lloyd lance sa carrière américaine : Lloyd sort de sa retraite pour tourner avec lui. Son premier disque américain, « 100 Hearts », paraît en 1984 ; il s'installe à New York en 1985 et signe chez Blue Note, le grand label américain du jazz, pour « Pianism ».
Franck Cassenti lui consacre en 1983 un documentaire, « Lettre à Michel Petrucciani », présenté au Festival de Cannes. En juin 1995, il enregistre avec Stéphane Grappelli « Flamingo », qui paraît l'année suivante et dépasse cent mille exemplaires en France : l'un des très rares disques d'or du jazz. Il a bâti sa puissance rythmique, immédiatement reconnaissable, contre une douleur permanente que le public ne soupçonnait pas.
Il meurt à New York dans la nuit du 5 au 6 janvier 1999, à trente-six ans, d'une infection pulmonaire. On rapatrie sa dépouille en France et on l'inhume en division 11, à quelques mètres de Frédéric Chopin — un voisinage qu'il avait souhaité.
La sépulture
Il repose sous une pierre simple, chemin Denon, en première ligne de la division 11. L'inscription tient en une ligne — « Michel Petrucciani, compositeur, pianiste de jazz, 28 déc. 1962 – 6 janv. 1999 » — et le métier y précède les dates, ce qui lui ressemble. Isabelle Mars, née en 1967, repose avec lui. À quelques mètres commence l'attroupement permanent devant la tombe de Chopin, et les visiteurs passent de l'une à l'autre sans savoir que Petrucciani avait demandé ce voisinage.
Sur place, ne manquez pas
Cherchez la pierre du chemin Denon, où « compositeur, pianiste de jazz » est gravé sous son nom, puis regardez ce que les musiciens y laissent : des partitions, des médiators.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Michel Petrucciani ?
En division 11, chemin Denon, première ligne — la division de Chopin, à quelques mètres. C'est le pianiste lui-même qui avait souhaité ce voisinage ; la tombe est facile à trouver en partant de celle du compositeur.
Marcel MouloudjiPourquoi est-il enterré près de Chopin ?
C'était le souhait de Michel Petrucciani : il vouait une admiration particulière au compositeur, dont il jouait la musique dès l'enfance. Sa dépouille, rapatriée de New York en janvier 1999, a été inhumée en division 11, à quelques mètres de Chopin.
Pierre-Jean de BérangerDe quoi Michel Petrucciani est-il mort ?
Il est mort d'une infection pulmonaire, dans la nuit du 5 au 6 janvier 1999 à New York, à trente-six ans, au terme de près de vingt ans de carrière menée contre la douleur permanente. Sa dépouille a été rapatriée en France et inhumée en division 11.
Mano SoloQuelle maladie avait Michel Petrucciani ?
Une ostéogenèse imparfaite, maladie osseuse rare dite des os de verre : il ne dépassa jamais un mètre et il fallait le porter jusqu'au piano. Il joua pourtant avec les plus grands, de Charles Lloyd à Stéphane Grappelli.
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