
Chasles travailla la géométrie projective et laissa au vocabulaire des classes un mot qu'on emploie tous les jours : homothétie. Une chaire fut créée pour lui à la Sorbonne en 1846. À la fin de sa vie, un faussaire lui vendit des années durant des milliers de fausses lettres, de Pascal, de César, de Cléopâtre, qu'il certifia authentiques, en toute bonne foi, devant l'Académie. Le procès qui suivit fit scandale dans l'Europe entière.
L'histoire
Né à Épernon le 15 novembre 1793, polytechnicien en 1812 et professeur à Polytechnique en 1841, Michel Chasles obtient en 1846 la chaire de géométrie supérieure créée pour lui à la Sorbonne.
Il travaille la géométrie projective et le rapport anharmonique, et laisse à la langue mathématique un mot qu'on emploie encore tous les jours en classe : homothétie. L'Académie des sciences l'élit en 1851.
À la fin de sa vie, le faussaire Vrain-Lucas lui vend pendant des années des milliers de fausses lettres autographes — de Pascal, de César, de Cléopâtre — que Chasles authentifie de bonne foi devant l'Académie. Le procès de 1870 est un scandale européen.
Il meurt à Paris le 18 décembre 1880, à quatre-vingt-sept ans. Sa tombe énumère les académies étrangères qui l'avaient élu — Londres, Dublin, Saint-Pétersbourg, Bruxelles, Rome, Berlin, Turin, Naples, Copenhague, Stockholm, Bologne, Milan — puis renonce à les nommer toutes et grave « etc. ».
Le 29 mars 1881, son corps est exhumé et transféré dans la tombe familiale de Chartres. Ce qui reste en division 17, avenue des Acacias, deuxième ligne, est donc un cénotaphe.
La sépulture
Un cénotaphe, depuis le 29 mars 1881 : le corps du mathématicien fut exhumé trois mois après l'enterrement et transféré dans la tombe familiale de Chartres. Reste l'inscription, l'une des plus longues du Père-Lachaise, qui énumère les titres et douze académies — « membre de la société royale de Londres et de la société royale d'Irlande, membre des académies des sciences de St Pétersbourg, de Bruxelles et de Rome, de Berlin, de Turin, de Naples, de Copenhague, de Stockholm, de Bologne, de Milan, etc. » — et se termine par un âge : quatre-vingt-sept ans.
Sur place, ne manquez pas
Lisez l'inscription en entier : douze académies, deux commanderies, un âge — quatre-vingt-sept ans. Puis rappelez-vous que le corps a quitté les lieux le 29 mars 1881 pour Chartres : c'est un cénotaphe.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Michel Chasles ?
En division 17, avenue des Acacias, deuxième ligne — mais c'est un cénotaphe : son corps fut exhumé le 29 mars 1881, trois mois après l'enterrement, et transféré dans la tombe familiale de Chartres. Seule l'inscription est restée.
Auguste ComteQue doit-on à Michel Chasles en mathématiques ?
La géométrie projective, le rapport anharmonique, et un mot que tous les élèves emploient : homothétie. La Sorbonne créa pour lui, en 1846, une chaire de géométrie supérieure qu'il occupa trente-quatre ans.
Gaspard MongeQuelle escroquerie a touché Michel Chasles ?
Le faussaire Vrain-Lucas lui a vendu des milliers de fausses lettres autographes — Pascal, César, Cléopâtre — que le mathématicien a authentifiées de bonne foi devant l'Académie des sciences. Le procès de 1870 fit scandale dans toute l'Europe.
Georges CuvierQue dit l'inscription de son cénotaphe ?
Elle énumère douze académies : Londres, Dublin, Saint-Pétersbourg, Bruxelles, Rome, Berlin, Turin, Naples, Copenhague, Stockholm, Bologne, Milan — puis renonce à les nommer toutes et grave « etc. ». C'est l'une des épitaphes les plus longues du cimetière — et le corps n'est plus dessous.
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