
Il établit qu'une dent suffit à reconstituer un animal et démontra dans ses « Recherches sur les ossements fossiles » que des espèces entières avaient disparu, idée presque impensable pour ses contemporains. L'entretien de sa tombe revient au Consistoire de l'Église réformée, par un legs testamentaire.
L'histoire
Jean Léopold Nicolas Frédéric Cuvier, dit Georges, naît à Montbéliard le 23 août 1769, dans une famille protestante alors sujette du duc de Wurtemberg. Il entre en 1795 comme suppléant à l'enseignement d'anatomie comparée du Muséum d'histoire naturelle.
Professeur au Collège de France en 1799, titulaire de la chaire d'anatomie comparée en 1802, il établit la théorie de la subordination des organes : la forme d'un os commande celle du squelette entier, et une dent suffit à reconstituer un animal. C'est la méthode qui fonde la paléontologie.
Ses « Recherches sur les ossements fossiles des quadrupèdes » démontrent que des espèces entières ont disparu — idée presque impensable pour ses contemporains, qui tenaient la création pour intacte. Il en tire une histoire de la Terre faite de catastrophes successives.
Il s'oppose durement à Lamarck et à Geoffroy Saint-Hilaire, dont l'évolutionnisme naissant lui paraît sans preuve. Le débat, tranché plus tard en faveur de ses adversaires, n'ôte rien à la méthode qu'il a léguée.
Baron, pair de France, grand-officier de la Légion d'honneur en 1826, il meurt à Paris le 13 mai 1832 et repose en division 8. Son frère Frédéric, naturaliste et directeur de la Ménagerie, y a fait déposer son cœur ; le fils de celui-ci, Frédéric Georges, sous-gouverneur de la Banque de France, l'y a rejoint. Cuvier, lui, avait survécu à ses quatre enfants.
La sépulture
Une pierre sobre, dont l'inscription tient en une phrase d'état civil : « Georges Cuvier, né à Montbéliard le 23 août 1769, mort à Paris le 13 mai 1832 ». Ni titre de baron, ni pairie, ni Légion d'honneur, ni le moindre fossile. La particularité est ailleurs : la concession est entretenue par le Consistoire de l'Église réformée, en vertu d'un legs testamentaire du savant que le Président de la République dut approuver. Son frère Frédéric Cuvier (1772-1838), directeur de la Ménagerie, n'y a que le cœur — un carditaphe de plus au Père-Lachaise ; son fils Frédéric Georges, mort en 1893, y repose entier.
Sur place, ne manquez pas
Une inscription réduite au strict état civil — nom, Montbéliard, Paris, deux dates — sur la tombe de l'homme qui a inventé la paléontologie.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Georges Cuvier ?
En division 8, chemin du Coq, sixième ligne, dans la partie basse et ancienne du cimetière — la division de Xavier Bichat, du chemin Chénier et de la tombe de Guillotin. La pierre est sobre.
Xavier BichatQu'a découvert Georges Cuvier ?
Que des espèces entières avaient disparu — idée presque impensable de son temps — et que la forme d'un os commande celle du squelette entier, si bien qu'une dent suffit à reconstituer un animal. C'est la méthode qui fonde la paléontologie.
Antoine-Louis BaryeQui entretient sa tombe ?
Le Consistoire de l'Église réformée, en vertu d'un legs testamentaire du savant que le Président de la République dut approuver. Cuvier était issu d'une famille protestante de Montbéliard, alors sujette du duc de Wurtemberg.
Camille CorotQui repose avec lui en division 8 ?
Son frère Frédéric, naturaliste et directeur de la Ménagerie du Muséum, dont seul le cœur a été déposé là, et son fils Frédéric Georges, conseiller d'État et sous-gouverneur de la Banque de France, mort en 1893.
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