
Baudelocque, fils d'un chirurgien picard, substitua aux usages une obstétrique méthodique et laissa son nom à l'instrument qui mesure le bassin. Il mit au monde les enfants de plusieurs souveraines européennes, puis des dames de la cour, sous l'Empire. Un adversaire de la césarienne l'accusa d'infanticide et perdit son procès en 1804. Napoléon le choisit pour l'héritier du trône.
L'histoire
Jean Louis Baudelocque naît le 30 novembre 1745 à Heilly, dans la Somme, fils d'un médecin-chirurgien. Professeur d'obstétrique, auteur de « L'Art des accouchements », il fonde sa réputation sur la mesure du bassin et sur une pratique méthodique là où régnaient les usages.
Il devient l'accoucheur des reines et souveraines d'Espagne, de Hollande et de Naples, et de toutes les dames de la cour du Premier Empire. Le pelvimètre qui porte son nom et les gestes qu'il a codifiés font de lui, selon la formule des notices, le plus célèbre accoucheur de son temps.
Un procès retentissant l'oppose à Jean François Sacombe, adversaire de la césarienne, qui l'accuse d'infanticide. Sacombe perd son procès en 1804 ; l'affaire aura durablement porté le débat sur la place publique.
Napoléon et Marie-Louise le choisissent pour mettre au monde l'héritier du trône. Il meurt d'une congestion cérébrale le 2 mai 1810, au 16 de la rue Jacob, dix mois avant la naissance de l'Aiglon.
Inhumé au cimetière de l'Ouest, à Vaugirard, il en est exhumé en 1937 lorsque le percement du boulevard Pasteur exproprie une partie de l'enclos. Ses restes rejoignent alors la concession de ses descendants, en division 45, où aucune inscription ne le nomme. La maternité de Port-Royal porte son nom.
La sépulture
Il n'y a, à proprement parler, pas de tombe de Baudelocque : ses restes ont rejoint en 1937 la concession de ses descendants, et aucune inscription ne le nomme. On lit sur la pierre les noms d'un Jean Joseph Baudelocque mort en 1893 à quarante ans, d'une Alice Estelle Céline Taillandier veuve d'Edmond Baudelocque — dont l'âge relevé par les inventaires, « 556 ans », relève de la coquille de transcription. Le plus célèbre accoucheur de l'Empire est donc au Père-Lachaise sans y avoir d'épitaphe.
Sur place, ne manquez pas
Une concession de famille où le nom de l'accoucheur ne figure pas : ses restes y sont arrivés cent vingt-sept ans après sa mort.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Jean-Louis Baudelocque ?
En division 45, avenue Transversale n°1, deuxième ligne. C'est la concession de ses descendants, où ses restes ont été transférés en 1937 : aucune des inscriptions visibles ne concerne l'accoucheur lui-même.
François AragoA-t-il accouché Marie-Louise ?
Non. Napoléon et l'impératrice l'avaient choisi pour la naissance de l'héritier du trône, mais il est mort d'une congestion cérébrale le 2 mai 1810, dix mois avant la naissance du roi de Rome.
Georges CuvierPourquoi sa tombe a-t-elle changé de cimetière ?
Il était inhumé au cimetière de l'Ouest, à Vaugirard. Le percement du boulevard Pasteur ayant exproprié une partie de l'enclos, ses restes ont été transférés en 1937 dans la concession de ses descendants, au Père-Lachaise.
Claude BernardQu'a-t-il apporté à l'obstétrique ?
Une pratique méthodique là où régnaient les usages : la mesure du bassin, un pelvimètre qui porte son nom, et un traité, « L'Art des accouchements », qui a formé les praticiens de toute l'Europe. La maternité de Port-Royal porte son nom.
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