
Champollion a appris seul à lire, à cinq ans, en rapprochant d'un missel les prières qu'il savait déjà ; à onze, il lisait trois langues anciennes. Le 19 septembre 1822, il comprend enfin comment fonctionne l'écriture des Égyptiens, qui mêle des sons et des idées. D'un coup, trois millénaires de textes cessent d'être muets. On l'appelait « le jeune », à cause d'un frère aîné égyptologue.
L'histoire
À cinq ans, l'enfant apprend seul à lire en comparant les prières qu'il connaît par cœur au texte d'un missel. À onze, il lit le grec, le latin et l'hébreu. Le 1ᵉʳ septembre 1807, à seize ans, il lit devant l'Académie de Grenoble un travail sur l'Égypte : on le reçoit membre correspondant.
Le 14 septembre 1822, il comprend. En comparant les cartouches de Ptolémée et de Cléopâtre relevés sur l'obélisque de Philae avec le texte de la pierre de Rosette, il établit que l'écriture égyptienne mêle signes phonétiques et idéogrammes. Trois mille ans de textes redeviennent lisibles.
Le 27 septembre, il expose sa découverte à l'Institut devant vingt-cinq académiciens. Cinq ans plus tard, le 15 décembre 1827, il ouvre au Louvre les salles égyptiennes dont il a la direction. Il est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres le 7 mai 1830.
Le 18 août 1828, il débarque à Alexandrie à la tête d'une mission franco-italienne. Malgré une santé déjà chancelante, le voyage dure dix-neuf mois ; il en rapporte des centaines de relevés et dix grandes caisses pour le Louvre.
Il meurt épuisé le 4 mars 1832, à quarante-et-un ans, un an après avoir obtenu la première chaire d'archéologie égyptienne du Collège de France.
La sépulture
Un obélisque de pierre, sans sculpteur ni hiéroglyphes : la forme suffit à dire l'Égypte, et l'homme qui rendit leur voix aux signes n'a pas eu besoin de les faire parler pour lui. L'inscription tient en deux mentions, dont l'une est le surnom sous lequel le siècle l'a connu, pour le distinguer de son frère aîné : « CHAMPOLLION le jeune ».
Sur place, ne manquez pas
Cherchez le surnom gravé sur la pierre : « le jeune ». Il avait un frère aîné, égyptologue lui aussi, et c'est ainsi que le siècle les distinguait. Cherchez ensuite un hiéroglyphe sur le monument — il n'y en a pas un seul.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Champollion ?
En division 18, dans la partie ancienne du cimetière. L'obélisque la rend repérable de loin.
Antoine ParmentierComment a-t-il déchiffré les hiéroglyphes ?
En comprenant que l'écriture égyptienne combine des signes notant des sons et d'autres notant des idées, grâce à la comparaison des trois versions du texte de la pierre de Rosette.
Étienne Geoffroy Saint-HilaireQuand Champollion a-t-il déchiffré les hiéroglyphes ?
En septembre 1822, en comprenant que l'écriture égyptienne mêle signes phonétiques et idéogrammes. La pierre de Rosette, rapportée d'Égypte par les savants de Bonaparte, a livré la clé.
Guillaume DupuytrenPourquoi un obélisque sur sa tombe ?
En hommage à l'Égypte qui fit sa gloire. L'obélisque de grès, élevé à ses frais par sa veuve Rosine, reste pourtant nu de tout hiéroglyphe : il ne porte que deux mots, « Champollion le jeune ».
Jean-Baptiste SayAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
Découvrez les secrets des tombes les plus étonnantes
l'audio guideà partir de6,99 €