
Antoine Parmentier, pharmacien militaire né en 1737, goûte en prison une plante que la France réservait aux cochons, la pomme de terre. Pour la faire adopter, il fit garder ses champs de Neuilly pendant la journée et retira ses gardes la nuit : on ne vole que ce qui vaut quelque chose. À la demande de Napoléon, il publia en 1809 un traité sur les sirops de raisin : ils devaient remplacer le sucre des colonies, que le blocus continental avait fait disparaître.
L'histoire
Antoine Augustin Parmentier naît à Montdidier, dans la Somme, en 1737. Pharmacien militaire, il est fait prisonnier à Hanovre pendant la guerre de Sept Ans et découvre en captivité une plante que la France réserve aux cochons : la pomme de terre.
Rentré, il consacre des années à la faire admettre. Louis XVI l'écoute et porte la fleur à sa boutonnière, ce qui ne nourrit personne. La ruse qui emporte l'affaire est plus efficace : Parmentier fait garder ses champs de Neuilly le jour seulement, et laisse voler la nuit. Ce qu'on vole est ce qui a de la valeur.
Il ne s'arrête pas là. Pharmacien en chef des Invalides, il publie quelque cent soixante-cinq ouvrages d'agronomie, travaille à la conservation des farines, à l'hygiène des hôpitaux, et donne en 1809, à la demande de Napoléon, un traité sur les sirops et conserves de raisin destinés à remplacer le sucre des colonies que le blocus continental a fait disparaître.
Officier de la Légion d'honneur en 1804, membre de l'Institut, il laisse aux Invalides un laboratoire conservé presque en l'état.
Il meurt à Paris en 1813. Son monument de la division 39 a été élevé par les pharmaciens civils et militaires de France, « ses élèves, ses amis, ses collègues » — et deux siècles plus tard, les visiteurs continuent d'y laisser des pommes de terre.
La sépulture
Un bas-relief de marbre signé Noël Étienne Fessard, où sont sculptés un distillateur, des pommes de terre et une vigne : les trois travaux du pharmacien, réunis sans hiérarchie. Un médaillon de bronze d'auteur inconnu et une palme au sommet complètent l'ensemble. L'inscription énumère les titres, puis dit d'où vient le monument : « élevé par les pharmaciens civils et militaires de France, ses élèves, ses amis, ses collègues ». C'est l'une des rares tombes du cimetière que les visiteurs fleurissent avec un légume : on y trouve régulièrement des tubercules déposés au pied de la pierre.
Sur place, ne manquez pas
Les pommes de terre sculptées dans le bas-relief de marbre — et celles, bien réelles, que les visiteurs déposent au pied de la pierre.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Parmentier ?
En division 39, chemin Molière-et-La Fontaine, deuxième ligne — la même allée que la tombe d'Alphonse Daudet et le médaillon de Gay-Lussac. Un bas-relief de marbre et un médaillon de bronze l'ornent.
Alphonse DaudetPourquoi trouve-t-on des pommes de terre sur sa tombe ?
Parce que les visiteurs en déposent, régulièrement, depuis très longtemps : c'est l'hommage que le cimetière connaît le mieux. Le bas-relief de la pierre en montre déjà, sculptées dans le marbre, à côté d'un distillateur et d'une vigne.
Brillat-SavarinComment a-t-il imposé la pomme de terre ?
Par une ruse : il fit garder ses champs de Neuilly le jour seulement, laissant voler la nuit — ce qu'on vole a de la valeur. Louis XVI, lui, s'était contenté de porter la fleur à sa boutonnière, ce qui ne nourrissait personne.
Jean-Antoine ChaptalQu'a-t-il fait d'autre ?
Un traité sur les sirops de raisin, publié en 1809 à la demande de Napoléon pour remplacer le sucre des colonies, la conservation des farines, l'hygiène des hôpitaux — environ cent soixante-cinq ouvrages d'agronomie. Il était pharmacien en chef des Invalides, où son laboratoire subsiste presque en l'état.
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