
Thomas Couture travailla des années à l'immense toile qu'il montra au Salon de 1847 : une débauche romaine se déroulant au pied des statues qui figurent les vertus antiques ; la critique y vit viser la monarchie de Juillet, un an avant qu'elle tombe. Succès et scandale de la saison, et il ne retrouva jamais ce sommet. Son atelier forma pourtant Manet, Fantin-Latour et Puvis de Chavannes.
L'histoire
Thomas Couture naît à Senlis le 21 décembre 1815. Formé dans les ateliers académiques, il travaille des années à une toile immense qu'il présente au Salon de 1847 : « Les Romains de la décadence ».
Le tableau montre une orgie romaine sous les statues des vertus antiques. La critique y lit une attaque contre la monarchie de Juillet, à un an de sa chute. C'est le succès et le scandale de l'année ; l'œuvre est aujourd'hui au musée d'Orsay, et reste l'un des tableaux emblématiques du siècle.
Il ne retrouvera jamais ce sommet. Sa peinture, à mi-chemin de l'académisme et d'une facture plus libre, est vite dépassée par ce que ses propres élèves vont faire.
Car son atelier a formé Édouard Manet, Henri Fantin-Latour et Pierre Puvis de Chavannes. Manet y passa six ans en se disputant avec lui, et sortit de là pour peindre exactement ce que Couture réprouvait.
Il meurt à Villiers-le-Bel le 30 mars 1879 et repose en division 4, sur l'avenue Principale, à quelques pas de Colette, de Bartholomé et du monument de Paul Baudry.
La sépulture
Un monument de granit dessiné par l'architecte Barrias, surmonté d'un buste de bronze du sculpteur Tony Noël. L'inscription est brève et donne le genre plutôt que le nom des œuvres : « Thomas Couture, peintre d'histoire, 1815-1879 » — pas un mot des « Romains de la décadence », ni des élèves qui l'ont dépassé. Deux angelots ont été volés à la Toussaint 2011 ; leurs emplacements vides encadrent encore le buste, comme sur les tombes de Barye et de Bizet dépouillées de leurs bronzes.
Sur place, ne manquez pas
Les emplacements vides des deux angelots volés en 2011, de part et d'autre du buste de bronze.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Thomas Couture ?
En division 4, avenue Principale, première ligne, à quelques minutes de l'entrée du boulevard de Ménilmontant — la même allée que la tombe de Colette, le gisant de Bartholomé et le monument de Paul Baudry.
Paul BaudryQu'est-ce que « Les Romains de la décadence » ?
Une toile immense présentée au Salon de 1847, qui montre une orgie romaine sous les statues des vertus antiques. La critique y vit une attaque contre la monarchie de Juillet, un an avant sa chute. Elle est au musée d'Orsay.
Camille CorotManet a-t-il été son élève ?
Oui, six ans, et dans un conflit permanent : Manet est sorti de cet atelier pour peindre précisément ce que Couture réprouvait. Henri Fantin-Latour et Pierre Puvis de Chavannes y sont également passés, et l'ont aussi dépassé.
Camille PissarroManque-t-il quelque chose à son monument ?
Deux angelots, volés à la Toussaint 2011 ; leurs emplacements vides encadrent encore le buste. Celui-ci, en bronze, signé Tony Noël, est toujours en place sur le monument de granit dessiné par l'architecte Barrias.
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