
Isidore Taylor publia avec Charles Nodier ce qui fut le premier relevé sérieux du patrimoine national, dans un temps où l'on démolissait encore des cathédrales pour en revendre les blocs. Commissaire royal du Théâtre-Français, il fit jouer Hernani et Henri III et sa cour : la bataille romantique eut donc un administrateur. C'est lui qui proposa, en 1828, d'acheter l'obélisque de Louxor.
L'histoire
Né à Bruxelles le 5 août 1789, Isidore Justin Séverin Taylor publie avec Charles Nodier les Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France : le premier inventaire sérieux du patrimoine français, à l'époque où l'on démolissait encore les cathédrales pour la pierre.
Commissaire royal au Théâtre-Français de 1825 à 1830 puis de 1831 à 1838, romantique convaincu, il fait jouer Hernani de Hugo et Henri III et sa cour de Dumas : la bataille romantique a eu un administrateur.
En 1828, il propose l'acquisition de l'obélisque de Louxor ; le monument arrivera place de la Concorde. Inspecteur général des Beaux-Arts, il achète en 1835 en Espagne les tableaux de la Galerie espagnole du Louvre, ouverte en 1838.
Son œuvre véritable est ailleurs : il fonde cinq caisses de secours mutuel — artistes dramatiques (1840), musiciens (1843), peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs (1844), inventeurs (1849), enseignement (1858) — et la Société des gens de lettres. Avant lui, un artiste ruiné mourait à l'hôpital.
Sénateur en 1867, grand-officier de la Légion d'honneur en 1877, il meurt à Paris le 6 septembre 1879 et repose en division 55, avenue de la Chapelle, première ligne.
La sépulture
Une statue de marbre en pied du sculpteur Gabriel Jules Thomas (1824-1905), sur un haut piédestal — et, sur un muret, cinq couronnes mortuaires qui portent chacune le nom d'une association et sa date de fondation en chiffres romains : « MDCCCXL Association des artistes dramatiques », « MDCCCXLIII […] musiciens », « MDCCCXLIV […] peintres sculpteurs architectes graveurs et dessinateurs », « MDCCCXLIX […] inventeurs », « MDCCCLVIII […] enseignement ». La dédicace, « Au baron TAYLOR membre de l'Institut, MDCCCLXXXIV », date de 1884 : le monument a été élevé cinq ans après sa mort, par ceux qu'il avait secourus.
Sur place, ne manquez pas
Les cinq couronnes du muret, qui portent chacune le nom d'une association et sa date de création en chiffres romains — de MDCCCXL à MDCCCLVIII. La statue, elle, est datée MDCCCLXXXIV : elle a été posée cinq ans après sa mort.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe du baron Taylor ?
En division 55, avenue de la Chapelle, première ligne, sous une statue de marbre en pied posée sur un haut piédestal. Un muret porte cinq couronnes mortuaires. La division est aussi celle d'Adolphe Thiers.
Adolphe ThiersQu'est-ce que les Voyages pittoresques ?
Les Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, publiés avec Charles Nodier : le premier inventaire sérieux du patrimoine français, à une époque où l'on démolissait encore les monuments médiévaux pour récupérer la pierre.
Charles NodierTaylor a-t-il fait venir l'obélisque de la Concorde ?
Il en a proposé l'acquisition en 1828, alors qu'il était inspecteur général des Beaux-Arts. Le monolithe de Louxor gagnera la place de la Concorde, où il se trouve toujours — et le nom du baron n'y figure nulle part.
Jean-François ChampollionQuelles associations Taylor a-t-il fondées ?
Cinq caisses de secours mutuel : artistes dramatiques en 1840, musiciens en 1843, peintres et sculpteurs en 1844, inventeurs en 1849, enseignement en 1858 — plus la Société des gens de lettres. Avant lui, un artiste ruiné mourait à l'hôpital.
Jules ClaretieAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
Découvrez les secrets des tombes les plus étonnantes
l'audio guideà partir de6,99 €