
Nodier, né à Besançon en 1780, était bibliophile au point de vendre ses livres pour en racheter d'autres chez le même libraire. Nommé à la bibliothèque de l'Arsenal, il y ouvre entre 1824 et 1830 le premier salon romantique, où Hugo, Vigny, Lamartine et Dumas viennent le dimanche. Ses contes ont acclimaté chez nous le fantastique venu d'Allemagne, et fait du rêve une matière littéraire.
L'histoire
Charles Nodier naît à Besançon le 29 avril 1780. Bibliophile forcené — il vend ses livres et en rachète d'autres chez le même libraire — il publie en 1808 un « Dictionnaire raisonné des onomatopées » et traduit Shakespeare.
Nommé bibliothécaire de l'Arsenal, il y tient de 1824 à 1830 le premier cénacle romantique. Hugo, Vigny, Lamartine, Dumas y viennent le dimanche : le romantisme français s'est en partie décidé dans ce salon.
Ses contes — « Trilby », « La Fée aux miettes », « Smarra » — introduisent en France le fantastique allemand et le rêve comme matière littéraire. Nerval s'en souviendra, et les surréalistes le reconnaîtront pour un ancêtre.
Ami de Dumas et de Hugo, académicien, il meurt à Paris le 27 janvier 1844 et repose en division 49 — à quelques pas d'Eugène Delacroix, dont l'avenue traverse la division.
Vingt-sept ans après sa mort, les combats de mai 1871 se déroulent entre les tombes : son monument porte les traces des balles échangées entre communards et versaillais. La pierre d'un homme du rêve garde ainsi la marque de la Semaine sanglante.
La sépulture
Un buste ni signé ni daté, que les inventaires supposent être une copie de celui de David d'Angers. L'inscription aligne les fonctions : « Charles Nodier, membre de l'Académie française et de la Légion d'honneur, bibliothécaire de l'Arsenal » — cette Légion d'honneur n'est pourtant pas confirmée par la Base Léonore, comme celle gravée sur la tombe d'Enesco en division 68. Le monument garde par ailleurs les traces des balles échangées en 1871 entre communards et versaillais : les combats se sont déroulés entre ces tombes, et la pierre d'un écrivain du rêve en porte la marque.
Sur place, ne manquez pas
Chercher sur la pierre les impacts des combats de mai 1871 — et l'énumération des titres : Académie française, Arsenal, Légion d'honneur.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Charles Nodier ?
En division 49, chemin Casimir-Delavigne, première ligne — la division du gisant d'Hélène Andrianoff et de la tombe d'Antoine-Louis Barye, que traverse l'avenue Eugène-Delacroix, dans la partie centrale du cimetière.
Hélène AndrianoffQu'était le cénacle de l'Arsenal ?
Le premier salon romantique français, qu'il tenait à la bibliothèque de l'Arsenal de 1824 à 1830. Hugo, Vigny, Lamartine et Dumas y venaient le dimanche : une part du romantisme français s'y est décidée.
Roger de BeauvoirSa tombe porte-t-elle des traces de la Commune ?
Oui : les combats de mai 1871 se sont déroulés entre les tombes du Père-Lachaise, et son monument porte les traces des balles échangées entre communards et versaillais. Vingt-sept ans après sa mort, la pierre d'un homme du rêve a gardé la marque de la Semaine sanglante.
Le Mur des FédérésQu'a-t-il écrit ?
Des contes fantastiques — « Trilby », « La Fée aux miettes », « Smarra » — qui ont introduit en France le rêve comme matière littéraire, un « Dictionnaire raisonné des onomatopées » en 1808, et des traductions de Shakespeare.
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