
Enesco avait rencontré Brahms avant ses treize ans, étudié à Vienne, puis travaillé à Paris avec Massenet et Fauré. Sa mémoire musicale était telle qu'il put tenir des créations françaises signées Fauré ou Ravel. Il fonda la Société des compositeurs roumains, enseigna le violon, entra aux académies des deux pays. Son opéra Œdipe, créé en 1936, lui avait demandé vingt années de travail.
L'histoire
Georges Enesco naît le 19 août 1881 à Liveni-Vîrnav, en Roumanie. Il étudie de 1888 à 1894 au Conservatoire de Vienne, auprès de Fuchs, Ludwig et Hellmesberger, et rencontre Brahms avant d'avoir treize ans.
Il arrive à Paris en 1895 et travaille au Conservatoire avec Massenet, Fauré, Gedalge et Marsick. Les amitiés qu'il y forme — Cortot, Casals, Thibaud, Ravel, Dukas — dureront toute sa vie, et sa mémoire musicale prodigieuse lui permettra d'assurer des créations françaises de Fauré et de Ravel.
Il fonde en 1920 la Société des compositeurs roumains, dont il est le premier président, enseigne le violon à Fontainebleau et à l'École normale, entre à l'Académie des beaux-arts en 1929 et à l'Académie roumaine en 1932, l'année où il se lie avec Béla Bartók.
Son opéra « Œdipe », créé à Paris le 13 mars 1936, est l'aboutissement de vingt années de travail. En 1937, il épouse Marie Rosetti-Tescano, veuve du prince Mihail Cantacuzène.
La guerre le retient en Roumanie ; l'instauration du régime communiste le conduit à l'exil. Ses dernières années parisiennes sont difficiles — santé, argent — mais il enseigne encore à Sienne et à Brighton, dirige l'orchestre de la BBC. Il meurt à Paris dans la nuit du 3 au 4 mai 1955 et repose en division 68.
La sépulture
Un monument sobre où l'inscription se déploie sur deux registres : « Enesco », puis « Georges Enesco, compositeur, chevalier de la Légion d'honneur, 1881-1955 », puis « Marie Georges Enesco, née Rosetti-Tescano, 18-7-1879, 23-12-1968 ». Elle avait été la veuve du prince Mihail Cantacuzène avant de l'épouser en 1937, et lui a survécu treize ans. Un détail intrigue les inventaires : la Légion d'honneur gravée sur la pierre ne figure pas dans la Base Léonore, qui recense les décorations. La contradiction n'a pas été tranchée.
Sur place, ne manquez pas
L'inscription et sa mention de la Légion d'honneur — qui ne figure pourtant pas dans la Base Léonore — et, dessous, le nom de sa femme, morte treize ans après lui.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Georges Enesco ?
En division 68, avenue de la Chapelle, première ligne — la même allée que le monument de Georges Bizet, dans la partie orientale du cimetière. Il y repose avec sa femme Marie Rosetti-Tescano.
Georges BizetQui était Georges Enesco ?
Le plus grand musicien roumain du XXᵉ siècle : violoniste, compositeur, chef d'orchestre et pédagogue, formé à Vienne puis à Paris auprès de Massenet et de Fauré. Il fut le maître de Yehudi Menuhin.
Luigi CherubiniPourquoi est-il enterré à Paris ?
Parce que l'instauration du régime communiste en Roumanie l'a conduit à l'exil. Il avait vécu à Paris depuis 1895, y avait fait ses études et gardé ses amitiés — Cortot, Casals, Thibaud, Ravel. Il y est mort le 3 mai 1955.
Miguel Ángel AsturiasQuelle est son œuvre principale ?
L'opéra « Œdipe », créé à Paris le 13 mars 1936 après vingt années de travail. Sa réputation d'interprète a longtemps éclipsé celle du compositeur : sa mémoire musicale prodigieuse lui permettait d'assurer les créations françaises de Fauré et de Ravel.
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