
Eugène Pottier, ouvrier emballeur puis dessinateur sur tissus, fut maire du deuxième arrondissement pendant la Commune. En juin 1871, caché, alors que la ville fusillait encore, il écrivit les six strophes de L'Internationale. Il connut ensuite la Belgique, l'Angleterre et les États-Unis, jusqu'à l'amnistie de 1880. Degeyter mit le poème en musique un an après sa mort : il ne l'entendit jamais chanter.
L'histoire
Eugène Pottier naît à Paris le 4 octobre 1816. Ouvrier emballeur puis dessinateur sur tissus, chansonnier depuis l'adolescence, il est de tous les combats républicains du siècle.
Élu maire du 2ᵉ arrondissement pendant la Commune, il écrit en juin 1871, dans la clandestinité et alors que Paris fusille encore, les six strophes de « L'Internationale ».
Il fuit en Belgique, en Angleterre, puis aux États-Unis, où il est reçu dans les loges maçonniques. L'amnistie de 1880 le ramène en France, malade et ruiné.
Il meurt le 6 novembre 1887. Ses obsèques rassemblent des milliers de personnes ; la police tente maladroitement de saisir les drapeaux rouges du cortège. Pierre Degeyter met le poème en musique l'année suivante, en 1888 : Pottier n'a jamais entendu chanter son hymne.
Son monument de la division 95 est élevé en 1905, par souscription nationale, sur une concession accordée gratuitement par arrêté préfectoral. Un autre monument à sa mémoire se dresse près du Mur des Fédérés, inauguré le 24 mai 1908.
La sépulture
Un monument modeste, élevé seulement en 1905 — dix-huit ans après sa mort — par souscription nationale, sur une concession attribuée gratuitement par arrêté préfectoral. L'inscription tient en deux mots et deux dates : « Eugène Pottier, 1816-1887 ». Rien de L'Internationale, rien de la Commune, rien du mandat de maire du 2ᵉ arrondissement. Le monument qui porte son nom et attire les visiteurs est ailleurs : près du Mur des Fédérés, en division 76, inauguré le 24 mai 1908.
Sur place, ne manquez pas
Deux mots et deux dates sur une pierre modeste — puis, en division 76, le second monument élevé à sa mémoire près du Mur.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Eugène Pottier ?
En division 95, avenue Transversale n°3, première ligne, dans la partie haute et orientale du cimetière. Le monument est modeste : il n'a été élevé qu'en 1905, dix-huit ans après sa mort, par souscription nationale.
Le Mur des FédérésQuand a-t-il écrit « L'Internationale » ?
En juin 1871, dans la clandestinité, pendant que la répression de la Commune se poursuivait. Il avait été maire du 2ᵉ arrondissement sous la Commune et fuyait alors les poursuites, avant de gagner la Belgique puis les États-Unis.
Jean-Baptiste ClémentA-t-il entendu son hymne chanté ?
Jamais : Pierre Degeyter n'a mis le poème en musique qu'en 1888, un an après la mort de Pottier. L'auteur des paroles les plus chantées du mouvement ouvrier dans le monde n'a jamais connu de son hymne que le texte écrit.
Charles AmourouxY a-t-il un autre monument à sa mémoire ?
Oui, près du Mur des Fédérés, en division 76 : il a été inauguré le 24 mai 1908, et la cérémonie s'est soldée par une bagarre entre socialistes que le préfet Lépine est venu calmer en personne.
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