
Barbedienne vendait des papiers peints quand il rencontra, en 1838, un mécanicien qui savait réduire une statue à toutes les échelles. Sa maison, fondée l'année suivante, reproduisit en bronze les grandes sculptures des musées d'Europe : l'objet unique de commande devenait objet d'édition. Il passa contrat avec Barye et Frémiet, et meubla les salons du Second Empire.
L'histoire
Fils d'un modeste cultivateur normand, né en 1810, Barbedienne commence dans le commerce des papiers peints. Tout change en 1838, quand il s'associe au mécanicien Achille Collas, inventeur d'un procédé de reproduction et de réduction des statues en bronze.
La maison Barbedienne est fondée en 1838, avec l'ingénieur Achille Collas. Son principe : reproduire à toutes les échelles les grandes statues des musées d'Europe, et les vendre. Le bronze cesse d'être une pièce unique de commande pour devenir un objet d'édition.
Il signe des contrats d'édition avec les sculpteurs vivants — Barye, Frémiet, Mène — et met sur le marché un répertoire antique et allégorique que la bourgeoisie du Second Empire installe dans ses salons. Les bronzes marqués de son nom passent encore régulièrement en salle des ventes.
Il meurt en 1892, sans enfant. Son neveu Gustave Leblanc-Barbedienne reprend la maison, qui signera plus tard de nombreux monuments aux morts en France.
Le monument de la division 53 a été coulé en 1894 par cette maison : le fondeur y est représenté par ses propres ateliers, deux ans après sa mort. C'est la mise en abyme la plus complète du cimetière.
La sépulture
Un haut pilier carré en pierre des Vosges, surmonté d'un buste de bronze signé Henri Chapu. De part et d'autre, deux statues grandeur nature d'Alfred Boucher : L'Art, casquée d'une chimère, et L'Industrie, armée d'un marteau — les deux activités du fondeur, mises côte à côte sans hiérarchie. Au pied du pilier, un enfant nu assis tient un flambeau renversé dont la flamme vacille. Les bronzes portent la marque Leblanc-Barbedienne et la date de 1894 : ils ont été coulés par la maison même du défunt, deux ans après sa mort. L'inscription, elle, se limite à « F. Barbedienne 1810-1892 ».
Sur place, ne manquez pas
Les deux bronzes qui encadrent le pilier — L'Art casquée d'une chimère, L'Industrie au marteau — puis, en bas, l'enfant nu dont le flambeau renversé s'éteint.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Ferdinand Barbedienne ?
En division 53, chemin de Mont-Louis, première ligne, au cœur du cimetière. Le monument se repère à ses deux statues de bronze grandeur nature, qui encadrent un haut pilier de pierre des Vosges surmonté d'un buste.
Antoine-Louis BaryeQui a sculpté son monument ?
Le buste de bronze est d'Henri Chapu, à qui l'on doit aussi le monument de Marie d'Agoult. Les deux statues, L'Art et L'Industrie, sont d'Alfred Boucher, et l'enfant au flambeau renversé se trouve au pied du pilier.
Paul BaudryQui était Ferdinand Barbedienne ?
Le plus grand fondeur d'art du XIXᵉ siècle. Sa maison, créée en 1838 avec l'ingénieur Achille Collas, reproduisait en bronze les statues des musées d'Europe et éditait les sculpteurs vivants comme Barye : c'est lui qui a fait entrer la sculpture dans les intérieurs bourgeois.
Jean-Adolphe BeauceQui a fondu les bronzes de sa tombe ?
Sa propre maison, devenue Leblanc-Barbedienne sous la direction de son neveu Gustave, qui les a coulés en 1894, deux ans après sa mort. Le fondeur est donc commémoré par des bronzes sortis de ses propres ateliers.
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