
Henri Barbusse s'engagea et tira de la tranchée Le Feu, journal d'une escouade, qui reçut le Goncourt en 1916 et scandalisa des lecteurs de l'arrière que rien n'avait préparés à la vie des Poilus. Rallié à la Révolution russe, il adhéra au Parti communiste en 1923 et présida le mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel. Il meurt à Moscou en 1935. Une urne de terre rapportée du front l'accompagne.
L'histoire
Henri Barbusse naît à Asnières le 17 mai 1873 et publie en 1908 un premier roman naturaliste, « L'Enfer ». La guerre change tout : engagé, il tire de son expérience « Le Feu, journal d'une escouade », qui reçoit le prix Goncourt en 1916 et soulève l'indignation d'un public de l'arrière peu préparé à ce que les Poilus vivaient.
« Le Couteau entre les dents » marque en 1921 son ralliement à la Révolution russe ; il adhère au Parti communiste en 1923, animant la revue Clarté puis, dans les années trente, le mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel dont il est président.
Il meurt à Moscou le 30 août 1935, quelques jours après la clôture du VIIᵉ congrès de l'Internationale communiste. Ses obsèques ont lieu au Père-Lachaise le 8 septembre, au terme d'un cortège immense, et il est inhumé en division 89, dans une concession qu'il avait acquise de longue date.
Sa veuve souhaite agrandir cette concession ; la place manque. Le 15 mai 1936, le corps est exhumé et transféré en division 97, face au Mur des Fédérés : l'emplacement fait du romancier des tranchées un monument du mouvement ouvrier.
Le nouveau monument est inauguré le 13 septembre 1936 devant, disent les organisateurs, cinquante mille travailleurs parisiens. La stèle est taillée dans une pierre de l'Oural offerte par les travailleurs soviétiques ; une plaque en russe et une urne de terre du Chemin des Dames s'y ajouteront.
La sépulture
La stèle est taillée dans une pierre de l'Oural offerte par « les travailleurs soviétiques » ; une palme de bronze de Jean Rabiant et un médaillon de Naoum Aronson l'ornent. Les plaques s'y sont accumulées : celle de l'ARAC, « à la mémoire de notre camarade, pour nos années de combat commun » ; une longue dédicace en russe au « héraut du front unique des travailleurs contre la guerre impérialiste et le fascisme » ; une devise, « Pain, paix, liberté, telle était sa devise, elle sera toujours la nôtre ». Une urne contient de la terre de la cote 1342, rapportée d'un pèlerinage au Chemin des Dames en septembre 1949 : le lieu qu'il avait décrit dans « Le Feu ».
Sur place, ne manquez pas
L'urne de terre du Chemin des Dames, la plaque en russe des travailleurs de l'Oural, et la devise gravée : « Pain, paix, liberté ».
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Henri Barbusse ?
En division 97, avenue Circulaire, première ligne, face au Mur des Fédérés, dans la partie haute et orientale du cimetière. Ce n'est pas son emplacement d'origine : il fut d'abord inhumé en division 89, et transféré ici le 15 mai 1936.
Le Mur des FédérésPourquoi sa tombe a-t-elle été déplacée ?
Parce que sa veuve voulait agrandir la concession de la division 89 et qu'il n'y avait pas la place. Le transfert du 15 mai 1936 l'a placé face au Mur des Fédérés, emplacement autrement plus chargé de sens.
Charles AmourouxQu'est-ce que « Le Feu » ?
Le journal d'une escouade de Poilus, publié en 1916 et couronné par le prix Goncourt. Le livre a choqué le public de l'arrière en décrivant la guerre des tranchées sans héroïsme, ce qui lui valut autant de protestations que de lecteurs.
Georges AuclairEn quelle pierre est faite sa stèle ?
En pierre de l'Oural, offerte par les travailleurs soviétiques, avec une palme de bronze de Jean Rabiant et un médaillon de Naoum Aronson. Une urne contient de la terre de la cote 1342, celle du Chemin des Dames décrite dans « Le Feu ».
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