
Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione, est envoyée à Paris en 1856 par son cousin Cavour avec une consigne claire : séduire Napoléon III afin d'obtenir l'appui de la France à l'unité italienne. Elle y parvient. Elle pose ensuite cinq cents fois devant l'objectif, réglant seule ses costumes, ses poses et le cadre de chaque image. Vieillie, elle voila tous ses miroirs et ne sortit plus que la nuit.
L'histoire
Virginia Oldoini naît à Florence le 22 mars 1837 et épouse le comte Verasis de Castiglione. En janvier 1856, son cousin Cavour l'envoie à Paris avec une mission précise : séduire Napoléon III et obtenir le soutien français à l'unification de l'Italie.
La mission est accomplie. Elle devient la maîtresse de l'Empereur, et la France entre en guerre contre l'Autriche en 1859 : Solférino et Magenta ouvrent la voie au royaume d'Italie.
Elle est aussi l'un des tout premiers sujets photographiques de l'histoire. Elle pose plus de quatre cents fois pour le studio Mayer et Pierson, pendant quarante ans, dirigeant elle-même les cadrages, les costumes et les poses — un travail sur sa propre image que le XXᵉ siècle a redécouvert comme une œuvre.
La beauté passée, elle se retire place Vendôme, voile tous ses miroirs et ne sort plus que la nuit. Elle se disait « carmélite de la beauté ».
Elle meurt le 28 novembre 1899. Ses dernières volontés — être enterrée dans la robe de chambre qu'elle portait lors des visites de l'Empereur — n'ont pas été respectées. Sa tombe de la division 85, longtemps abandonnée, a été restaurée grâce au prix Grinzane Cavour de Turin et à la SOCREM ; une plaque a été inaugurée le 28 novembre 1999, cent ans jour pour jour après sa mort.
La sépulture
La tombe est longtemps restée à l'abandon — le sort de bien des sépultures du Second Empire — avant d'être restaurée grâce à des institutions italiennes : le prix Grinzane Cavour de Turin et la SOCREM. Une plaque a été inaugurée le 28 novembre 1999, cent ans jour pour jour après sa mort. L'inscription est purement civile : « Virginia Oldoini, comtesse Verasis de Castiglione, née à Florence le 22 mars 1837, décédée à Paris le 28 novembre 1899. » Ses dernières volontés, être inhumée dans la robe de chambre qu'elle portait lors des visites de l'Empereur, n'ont pas été suivies. C'est le quatrième monument du guide entretenu ou sauvé depuis l'étranger, après Comte, Andranik et Pleyel.
Sur place, ne manquez pas
La plaque de 1999, posée pour le centenaire de sa mort par les institutions qui ont sauvé la tombe de l'abandon.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de la comtesse de Castiglione ?
En division 85, avenue Transversale n°3, troisième ligne, dans la partie haute du cimetière — la même division que la tombe de Sadegh Hedayat, dont l'enclos musulman occupe une partie.
Sadegh HedayatQuelle était sa mission à Paris ?
Séduire Napoléon III pour obtenir le soutien de la France à l'unification italienne : son cousin Cavour l'y avait envoyée en janvier 1856. Elle devint la maîtresse de l'Empereur, et la France entra en guerre contre l'Autriche en 1859.
Henri CernuschiEst-il vrai qu'elle a voilé ses miroirs ?
Oui, dans ses dernières années rue Cambon : la beauté passée, elle voila tous ses miroirs, ne sortait plus que la nuit, et se disait « carmélite de la beauté ». Elle avait posé cinq cents fois devant l'objectif.
Cléo de MérodeQui a restauré sa tombe ?
Des institutions italiennes : le prix Grinzane Cavour de Turin et la SOCREM. La sépulture était longtemps restée à l'abandon ; une plaque fut inaugurée le 28 novembre 1999, cent ans jour pour jour après sa mort.
Ignace PleyelAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
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