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Portrait de Anne-Louis GIRODET
Arts & création

Anne-Louis GIRODET

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Peintre.

Élève de David, il peignit le rêve, la nuit et l'étrange, et prit à son maître le Prix de la Décennie en 1810. L'héritage de son protecteur le rendit riche : il cessa presque de peindre pour écrire des poèmes. Son épitaphe latine se ferme sur deux mots d'Horace — « Pictoribus atque poetis ».

EmplacementChemin Saint-Louis, 2ᵉ ligne
Division28
Dates1767 – 1824

L'histoire

Anne-Louis Girodet naît à Montargis le 5 janvier 1767. Élève de Louis David, il obtient le prix de Rome en 1789 avec « Joseph reconnu par ses frères », et livre en 1791 « Le Sommeil d'Endymion » : une lumière verte, un corps abandonné, quelque chose que le néoclassicisme n'avait pas prévu.

Son maître ne le suit pas sur ce terrain. Girodet peint le rêve, la nuit, l'étrange — et remporte en 1810 le Prix de la Décennie avec « La Scène du Déluge », devant David lui-même.

« Les Funérailles d'Atala » en 1808, le portrait de Chateaubriand en 1809 : il devient le peintre du romantisme naissant tout en revendiquant la formation classique. La critique n'a jamais su où le ranger.

En 1809, le docteur Trioson, son protecteur depuis l'enfance, l'adopte ; il en prend le nom. L'héritage reçu en 1812 le rend riche, et il cesse presque de peindre pour écrire des poèmes sur l'esthétique.

Membre de l'Académie des beaux-arts en 1815, il meurt à Paris le 9 décembre 1824. Son épitaphe latine de la division 28 se termine sur deux mots d'Horace, « Pictoribus atque poetis » — aux peintres et aux poètes, ce qu'il voulait être.

La sépulture

Un buste de marbre blanc signé Louis Desprez, et au verso un bas-relief qui réunit ses deux vocations : une palette, une lyre et une couronne de lauriers devant un flambeau. Des amphores ornent les côtés. L'inscription est entièrement en latin : « Hic situs est, Anna Ludovicus Girodet Trioson… natus Montargis in januar MDCCLXVII, obiit Paris in decembre MDCCCXXIV » — puis, pour finir, deux mots d'Horace : « Pictoribus atque poetis », aux peintres et aux poètes. Le peintre qui s'était mis à écrire des vers a choisi son épitaphe.

Sur place, ne manquez pas

Le bas-relief du verso — palette, lyre et couronne de lauriers devant un flambeau — et les deux mots latins qui ferment l'épitaphe.

Les questions des visiteurs

Où se trouve la tombe de Girodet ?

En division 28, chemin Saint-Louis, deuxième ligne, dans la partie ancienne et haute du cimetière — la division de Beaumarchais, de Barras et de Redouté. Un buste de marbre blanc la surmonte.

Pierre-Joseph Redouté

Que signifie « Pictoribus atque poetis » ?

« Aux peintres et aux poètes » — une citation d'Horace, gravée en fin d'épitaphe, elle-même entièrement latine. Elle résume son ambition : il avait cessé de peindre après 1812 pour écrire des poèmes sur l'esthétique.

Jacques-Louis David

A-t-il battu son maître David ?

En 1810, au Prix de la Décennie : « La Scène du Déluge » de Girodet fut préférée à l'œuvre de David, son propre maître. L'élève avait pris une voie que celui-ci ne suivait pas — la nuit, le rêve, l'étrange.

Thomas Couture

Pourquoi s'appelait-il Girodet-Trioson ?

Parce que le docteur Trioson, son protecteur depuis l'enfance, l'a adopté en 1809 : il en a pris le nom, puis hérité en 1812 d'une fortune considérable qui lui a permis de presque cesser de peindre.

Louis Visconti

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