
Première femme à faire de l'ascension en ballon son métier, elle en effectua soixante-sept, avec des feux d'artifice tirés de la nacelle. Le 6 juillet 1819, une fusée enflamma son enveloppe : le public applaudit, croyant à un effet du spectacle. L'inscription la dit « victime de son art ».
L'histoire
Marie Sophie Armant naît en 1778 à Trois-Canons, près de La Rochelle. Elle épouse Jean-Pierre Blanchard, le premier homme à avoir traversé la Manche en ballon en 1785, et monte avec lui avant de voler seule.
Veuve, elle fait de l'ascension son métier — le seul de ce genre exercé par une femme à l'époque. Napoléon lui décerne le titre d'Aéronaute impériale, et elle assure les ascensions officielles des fêtes du régime, puis de la Restauration.
Elle effectue soixante-sept montées, souvent de nuit, dans une nacelle minuscule accrochée à un ballon à hydrogène, avec des feux d'artifice tirés depuis la nacelle : le spectacle est ce qui la fait vivre, et c'est ce qui la tuera.
Le 6 juillet 1819, au jardin de Tivoli, une fusée met le feu à l'enveloppe. Le public, en bas, croit à un effet prévu et applaudit. Le ballon retombe sur les toits ; on la retrouve morte, à quarante et un ans.
Une souscription lui élève la colonne de la division 13, gravée d'une amphore et surmontée d'une sphère sous une flamme. L'inscription trouve la formule exacte : « aéronaute, victime de son art et de son intrépidité ».
La sépulture
Une colonne élevée par souscription, gravée d'une amphore et surmontée d'une sphère placée sous une flamme : le monument représente le ballon qui a brûlé. L'inscription est l'une des plus justes du cimetière : « À la mémoire de Marie Sophie Armant, veuve Blanchard, aéronaute, victime de son art, le 6 juillet 1819, dans sa 43ᵉ année. » Trois mots pour dire un métier et un accident. La sépulture est à deux pas de celle de Robertson, en division 8, l'autre aérostier du cimetière — cinquante-neuf ascensions pour lui, soixante-sept pour elle.
Sur place, ne manquez pas
La sphère sous sa flamme au sommet de la colonne — un ballon en feu sculpté sur la tombe de celle qu'il a tuée.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Sophie Blanchard ?
En division 13, chemin Méhul, deuxième ligne — la même allée que la colonne de Méhul, dans la division du mausolée de Casimir Périer. Une colonne gravée d'une amphore, surmontée d'une sphère sous une flamme, la signale.
Étienne-Nicolas MéhulComment est-elle morte ?
Le 6 juillet 1819, au jardin de Tivoli : une fusée d'artifice tirée depuis sa nacelle enflamma l'enveloppe du ballon. Le public crut à un effet prévu et applaudit ; on la retrouva morte sur les toits.
NadarÉtait-elle vraiment la première femme aéronaute ?
La première à en faire son métier, oui. Veuve de Jean-Pierre Blanchard, le premier homme à traverser la Manche en ballon, elle effectua soixante-sept ascensions et reçut de Napoléon le titre d'Aéronaute impériale.
Isadora DuncanQu'est-il gravé sur sa colonne ?
« À la mémoire de Marie Sophie Armant, veuve Blanchard, aéronaute, victime de son art, le 6 juillet 1819, dans sa 43ᵉ année. » La formule « victime de son art » est unique dans le cimetière.
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