
Ignace Hoff s'engagea en 1870 persuadé à tort que son père avait été fusillé par les Prussiens ; un frère franc-tireur, lui, fut bien tué au combat. Vingt-trois citations à l'ordre de l'armée suivirent, la dernière pour son cinquante et unième ennemi abattu, et l'état-major prussien mit sa tête à prix. Auguste Bartholdi, l'auteur de la Statue de la Liberté, a sculpté la statue qui veille sur lui.
L'histoire
Ignace Hoff a sa statue au Père-Lachaise, en division 4, et elle est signée Auguste Bartholdi — le sculpteur de la Statue de la Liberté, qui en fit là sa dernière œuvre. Le socle ne porte que trois mots : « Le sergent HOFF. » Son prénom n'y figure pas.
Né à Marmoutier, dans le Bas-Rhin, le 20 juillet 1836, Hoff était déjà sergent depuis un an quand la guerre éclata : engagé à vingt ans, il servait sous les drapeaux depuis 1856. En 1870, il croit — à tort — que les Prussiens ont fusillé son père, et l'un de ses frères est tué au combat. C'est de là que date sa guerre à lui.
Pendant le siège de Paris, il monte des embuscades de nuit avec de petites escouades de volontaires : vingt-sept Prussiens y laissent la vie, et l'état-major allemand met sa tête à prix. Fait prisonnier à la bataille de Champigny, il passe plus de trois mois dans un camp près de Cologne sous le faux nom de Wolff, sans que personne le démasque.
La République lui donne ensuite ses monuments à garder : le square des Arts-et-Métiers, puis cinq ans la colonne Vendôme, enfin l'Arc de Triomphe. Il meurt en 1902, la veille de prendre sa retraite. La Ville lui accorde une concession gratuite par arrêté du 20 août 1902, et une souscription publique paie la statue, que Bartholdi fait fondre en 1904 — l'année de sa propre mort.
La sépulture
Une statue funéraire signée Auguste Bartholdi (1834-1904), l'auteur de la Statue de la Liberté : peu de tombes du Père-Lachaise portent une signature aussi mondialement connue, et celle-ci est pour un sergent. Le socle ne dit que trois mots : « Le sergent HOFF » — son prénom, Ignace, n'y figure pas. La concession lui fut attribuée gratuitement par arrêté préfectoral du 20 août 1902.
Sur place, ne manquez pas
Statue signée Auguste Bartholdi — l'auteur de la Statue de la Liberté. Le socle porte trois mots : « Le sergent HOFF. » Son prénom, Ignace, n'y figure pas.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe du sergent Hoff ?
En division 4, avenue Principale, troisième ligne. On la reconnaît à sa statue, œuvre d'Auguste Bartholdi ; le socle porte trois mots : « Le sergent HOFF ». Sa concession lui fut attribuée gratuitement par arrêté préfectoral du 20 août 1902.
Gioachino RossiniQui a sculpté sa statue ?
Auguste Bartholdi (1834-1904) — l'auteur de la Statue de la Liberté. Peu de sépultures du Père-Lachaise sont signées d'un sculpteur aussi mondialement connu, et pour un simple sergent.
Frédéric CournetPourquoi s'est-il engagé ?
Par vengeance familiale : il croyait — à tort — que les Prussiens avaient fusillé son père, et son frère franc-tireur avait été tué au combat. Il s'engagea immédiatement, devint sergent par sa conduite au feu, et finit gardien du musée des Invalides.
Victor NoirCombien de fois fut-il cité ?
Vingt-trois fois à l'ordre de l'armée — la dernière pour avoir descendu son cinquante et unième soldat ennemi. Fait prisonnier à Champigny, il avait sa tête mise à prix par l'état-major prussien.
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