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Portrait de Pierre-Paul PRUD'HON
Arts & création

Pierre-Paul PRUD'HON

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Peintre.

Prud'hon partit en Italie grâce à une bourse dijonnaise et y prit à Léonard et au Corrège ce clair-obscur enveloppant qui deviendra sa marque, rare dans la peinture française d'alors. Proche de Robespierre, il enseigna ensuite le dessin à l'impératrice Marie-Louise. Sa compagne et élève Constance Mayer se trancha la gorge en 1821 : marié depuis 1778 à une femme dont il vivait séparé, il ne pouvait pas l'épouser, le divorce ayant été aboli cinq ans plus tôt ; il ne s'en releva pas.

EmplacementChemin des Chèvres, 3ᵉ ligne
Division29
Dates1758 – 1823

L'histoire

Né à Cluny en 1758, Prud'hon gagne le prix des États de Bourgogne et part se former en Italie, où il s'imprègne du modelé fondu de Léonard et du Corrège. Ce clair-obscur enveloppant, rare dans la peinture française de son temps, deviendra sa signature.

Républicain, proche de Robespierre pendant la Révolution, il traverse la Terreur puis se met au service du régime suivant : il enseigne le dessin à l'impératrice Marie-Louise et peint pour la cour.

Deux tableaux le tiennent : « Psyché enlevée par les Zéphyrs », et « La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime », commandé en 1804 par le préfet Nicolas Frochot — le fondateur du Père-Lachaise — pour la salle des assises. Les deux sont au Louvre.

Sa compagne et élève, la peintre Constance Mayer, se tranche la gorge en 1821 : Prud'hon, marié depuis 1778 à une femme dont il vivait séparé, ne pouvait pas l'épouser — le divorce avait été aboli cinq ans plus tôt. Il ne s'en relève pas et lui survit deux ans.

Il meurt à Paris le 16 février 1823 et repose en division 29, chemin des Chèvres, troisième ligne, à quelques allées de Constance Mayer. La concession est entretenue gratuitement par la Ville de Paris.

La sépulture

Une pierre d'une sobriété extrême : « P. PRUD'HON, 1758-1823 ». Une initiale au lieu d'un prénom, aucun titre, aucun tableau — pour l'auteur de « Psyché enlevée par les Zéphyrs » et de « La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime ». La concession est entretenue gratuitement par la Ville de Paris, comme celles de plusieurs artistes morts sans fortune.

Sur place, ne manquez pas

L'inscription la plus brève qui soit pour un peintre de cette envergure : « P. PRUD'HON, 1758-1823 ». Une initiale, un nom, deux dates — et une pierre entretenue par la Ville de Paris.

Les questions des visiteurs

Où se trouve la tombe de Prud'hon ?

En division 29, chemin des Chèvres, troisième ligne, sous une pierre qui ne porte que « P. PRUD'HON, 1758-1823 ». Le diplomate Caulaincourt repose une ligne plus loin, dans la même allée, et le maréchal Ney dans la même division.

Armand de Caulaincourt

Quel lien Prud'hon a-t-il avec le fondateur du Père-Lachaise ?

Le préfet Nicolas Frochot, qui ouvrit le cimetière en 1804, lui commanda en 1808 « La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime » pour le tribunal criminel de la Seine. Frochot repose en division 37 du cimetière qu'il avait créé.

Nicolas Frochot

Qui était Constance Mayer ?

Peintre, élève et compagne de Prud'hon pendant près de vingt ans. Elle se donna la mort en 1821 après qu'il eut refusé de l'épouser ; il lui survécut deux ans. Leurs œuvres sont parfois difficiles à départager.

Rosa Bonheur

Pourquoi sa concession est-elle entretenue par la Ville ?

Parce que Paris a pris en charge la tombe d'un peintre mort sans fortune, comme elle l'a fait pour d'autres artistes du cimetière — le communard Charles Amouroux, le peintre Paul Baudry ou l'écrivain Alfred Assolant.

Charles Amouroux

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