
Cambacérès, avocat montpelliérain et franc-maçon, mit au point avec Bonaparte les détails du 18 brumaire et devint deuxième consul. C'est lui qui présida, en 1804, les travaux du Code civil, dont il fut l'architecte juridique. Le texte laissa tomber les peines frappant les relations entre adultes du même sexe : la France cessa de les punir bien avant ses voisins. Un seul mot est gravé.
L'histoire
Fils du maire de Montpellier, né le 18 octobre 1753, Cambacérès est avocat et franc-maçon, conseiller à la Cour des comptes de sa ville — une charge dans la famille depuis 1640. Député à la Convention, il siège au Comité de législation.
Ministre de la Justice en 1799, il prépare avec Bonaparte le détail du 18 brumaire et devient deuxième consul. Talleyrand résumait le trio d'un mot latin par tête : « Hic » pour Bonaparte, « Haec » — au féminin — pour Cambacérès, « Hoc » pour Lebrun ; l'allusion à son homosexualité, publique et caricaturée sous le sobriquet de « tante Urlurette », était de notoriété.
En 1804, il préside la rédaction du Code civil, dont il est l'architecte juridique. Le crime de sodomie, lui, avait disparu dès le code pénal de 1791, et celui de 1810 ne le rétablit pas : la France a plus d'un siècle et demi d'avance sur l'Angleterre et l'Allemagne, qui ne dépénaliseront que dans les années 1960.
Archichancelier de l'Empire, duc de Parme le 19 mars 1808, il assure l'intérim du pouvoir à chaque absence de Napoléon. Sa table était célèbre — « si vous voulez bien manger, allez chez Cambacérès », disait l'Empereur.
Il perd ses fonctions en 1815 et s'exile en Belgique ; Louis XVIII le rétablit dans ses titres et ses biens en 1818. Il meurt à Paris le 8 mars 1824 et repose en division 39.
La sépulture
Le tombeau est connu par une gravure de 1899, et son inscription est la plus brève qu'on puisse imaginer pour un personnage de cette importance : « CAMBACERES », un mot, sans prénom, sans titre, sans dates. Ni le consulat, ni l'archichancellerie, ni le duché de Parme, ni le Code civil. L'homme qui avait rédigé le texte le plus durable de l'Empire a laissé la pierre la plus muette de sa division.
Sur place, ne manquez pas
Un seul mot gravé, « CAMBACERES », pour l'homme qui gouverna la France chaque fois que Napoléon en était absent.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Cambacérès ?
En division 39, chemin Camille-Jordan, première ligne, dans la partie ancienne du cimetière — non loin de la stèle aux six mains de l'abbé Sicard. L'inscription se réduit à un seul mot : « Cambacérès ».
L'abbé SicardQuel fut son rôle dans le Code civil ?
Il en présida la rédaction en 1804 et en fut l'architecte juridique. Le texte adopté ne reprit pas la répression des relations entre adultes de même sexe, ce qui fit de la France l'un des premiers pays à cesser de les punir.
Paul BarrasQui était Cambacérès ?
Avocat montpelliérain devenu député à la Convention, ministre de la Justice en 1799, deuxième consul après le 18 brumaire, puis archichancelier de l'Empire et duc de Parme. Il gouvernait à Paris chaque fois que Napoléon était en campagne.
Augustin-Daniel BelliardPourquoi Talleyrand l'appelait-il « Quae » ?
Par un jeu de mots latin sur les trois consuls — « Qui, Quae, Quod » — qui lui attribuait le genre féminin. Son homosexualité était de notoriété publique et abondamment caricaturée, sous le sobriquet de « tante Urlurette ».
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