
Successeur de l'abbé de l'Épée à la tête de l'Institution nationale des sourds-muets en 1789, il consacra sa vie à démontrer qu'un enfant sourd pouvait être instruit. Emprisonné en 1792, il échappa aux massacres de septembre. Son épitaphe fut écrite par deux de ses élèves sourds, Massieu et Clerc.
L'histoire
Roch Ambroise Sicard naît le 12 septembre 1742 au Fousseret, en Haute-Garonne. L'archevêque de Bordeaux l'envoie à Paris apprendre auprès de l'abbé de l'Épée la méthode d'éducation des sourds par les signes ; il rentre l'appliquer à Bordeaux, où l'établissement prospère. À la mort de l'Épée, en 1789, il lui succède à la tête de l'Institution nationale de Paris.
Rédacteur des Annales catholiques, il est jeté en prison peu avant le 10 août 1792. Il échappe de justesse aux massacres de septembre : son ami André Daniel Laffon de Ladébat obtient de Chabot qu'on vienne le tirer de la prison. Il reprend son poste après thermidor.
L'an V, le coup d'État du 18 fructidor le condamne à la déportation à Cayenne ; il s'y dérobe par la fuite. Le 18 brumaire lui permet de reprendre définitivement la direction de l'Institution, qu'il ne quittera plus.
Il publie des traités de grammaire et de logique où il tente de fonder l'éducation des sourds sur une théorie du langage, avec l'ambition de faire reconnaître ses élèves comme des esprits pleins et entiers. En 1803, l'Académie française l'élit au fauteuil numéro trois.
Il meurt à Paris le 11 mai 1822. Laffon de Ladébat, qui l'avait sauvé trente ans plus tôt, prononce son éloge funèbre ; sa tombe est à quelques pas de la sienne, en division 39. La concession est entretenue à perpétuité par la Ville de Paris.
La sépulture
La stèle porte en haut six mains sculptées, chacune formant un signe : c'est la seule tombe du cimetière dont l'ornement soit une langue. Dessous, l'inscription donne les dates exactes — né au Fousseret le 12 septembre 1742, mort à Paris le 11 mai 1822 — puis cette phrase, attribuée à ses élèves Massieu et Clerc : « grâce à la divine bonté et au génie de cet excellent père, nous sommes devenus des hommes ». L'épitaphe d'un pédagogue écrite par ceux qu'il a instruits, dans une langue que son siècle refusait de reconnaître. La concession est entretenue à perpétuité par la Ville de Paris.
Sur place, ne manquez pas
Les six mains sculptées en haut de la stèle, chacune dans une posture différente, et l'épitaphe signée de deux élèves sourds.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de l'abbé Sicard ?
En division 39, chemin Masséna, septième ligne, dans la partie ancienne du Père-Lachaise. La stèle aux six mains sculptées la rend reconnaissable ; la tombe de son ami Laffon de Ladébat, qui l'avait sauvé de la prison en 1792, est à quelques pas.
Ettore BugattiQu'a fait l'abbé Sicard pour les sourds ?
Il a dirigé à partir de 1789 l'Institution nationale des sourds-muets de Paris, prolongeant la méthode par signes de l'abbé de l'Épée. Son apport est autant théorique que pratique : ses traités de grammaire visaient à établir que ses élèves étaient des esprits entiers.
Augustin FresnelL'abbé Sicard a-t-il été inquiété sous la Révolution ?
Deux fois. Emprisonné en août 1792, il échappe aux massacres de septembre grâce à l'intervention de son ami Laffon de Ladébat ; condamné à la déportation à Cayenne en l'an V, il se dérobe par la fuite et ne reprend son poste qu'après le 18 brumaire.
Zénobe GrammeQue lit-on sur sa tombe ?
Une épitaphe due à ses élèves Massieu et Clerc : « grâce à la divine bonté et au génie de cet excellent père, nous sommes devenus des hommes ». L'inscription le dit « second créateur des sourds-muets », après l'abbé de l'Épée.
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