
Il monta la plus renommée des ménageries foraines françaises, « Pezon et ses lions », avec ses cages roulantes et ses parades. Son numéro consistait à monter le lion Brutus comme une monture ; la statue qui le surmonte reprend la scène, l'homme assis sur le fauve, sans une ligne d'explication.
L'histoire
Né en 1827 à Rimeize, en Lozère, Jean-Baptiste Pezon appartient à une famille qui fera de la ménagerie un métier héréditaire — les Pezon parcourront les routes pendant trois générations. Le spectacle de fauves est alors l'une des grandes attractions des foires : on n'allait pas au zoo, on attendait que la ménagerie passe. Le dompteur y tient le rôle du héros populaire, entre le saltimbanque et le matador, et le public vient autant pour le risque que pour les animaux.
Pezon monte une ménagerie itinérante qui devient la plus renommée de France, présente aux grandes foires — celle du Trône à Paris, celles des villes de province — avec ses cages roulantes, ses affiches criardes et ses parades ; ses fauves hivernent à Montreuil, rue Gutenberg. Le nom devient une enseigne : « Pezon et ses lions ». Sous le Second Empire puis la Troisième République, c'est une célébrité populaire au sens plein — connue de gens qui ne savaient pas lire.
Son lion Brutus est la vedette de la troupe, et le numéro consiste à le monter comme un cheval : il fallait montrer l'animal soumis, et la foule venait pour le moment où il ne le serait pas. Brutus a fait plus que remplir les foires — c'est en le regardant que Bartholdi a conçu le Lion de Belfort, dressé en 1880 au pied de la citadelle.
Il meurt en 1897, à soixante-dix ans, d'une crise cardiaque à la foire de Montmartre — sur le champ de foire, comme il avait vécu. Sa tombe, en division 86, rejoue le numéro : Prosper Lecourtier, élève de Frémiet, a coulé en bronze en 1885 le lion couché et l'homme assis dessus, dans la position exacte de la parade. La statue est posée en hauteur pour se voir de loin, comme une affiche de cirque.
Sur place, ne manquez pas
L'un des monuments les plus reconnaissables du cimetière : une statue du dompteur à cheval sur son lion Brutus. Peu de tombes donnent à voir le métier du mort avec cette littéralité.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Jean-Baptiste Pezon ?
En division 86 du Père-Lachaise, et elle se repère seule : un bronze le représente chevauchant son lion Brutus, dû au sculpteur animalier Prosper Lecourtier. Pezon fit élever ce tombeau en 1885, douze ans avant de mourir : il a choisi lui-même l'image qui resterait de lui.
Pierre HaïkQui était Brutus ?
Le lion vedette de sa ménagerie, qu'il montait comme une monture devant le public des foires. L'exercice tenait de la démonstration de domination autant que du numéro : la foule attendait le moment où l'animal cesserait d'obéir.
Antonio FranconiQu'était une ménagerie foraine ?
L'ancêtre du zoo, en version itinérante : des cages roulantes qui passaient de foire en foire — la foire du Trône à Paris, celles des villes de province. On n'allait pas voir les fauves, on attendait qu'ils passent.
Nicolas KerÉtait-il célèbre de son vivant ?
Très : sous le Second Empire puis la Troisième République, « Pezon et ses lions » était une enseigne connue de gens qui ne savaient pas lire, et les images populaires reprenaient sa silhouette à cheval sur Brutus.
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