

L'Église lui refusa une messe ; son cortège provoqua un mouvement de foule. Morte à Plascassier le 10 octobre 1963, elle fut ramenée discrètement à Paris pour que le décès y soit enregistré : il ne fut officiel que le lendemain, jour de la mort de Cocteau. La pierre ne porte que « Famille Gassion-Piaf ».
L'histoire
La légende la fait naître sur le trottoir du 72 rue de Belleville, sous un réverbère. Elle est née à l'hôpital Tenon, dans le vingtième arrondissement, le 19 décembre 1915 — une naissance ordinaire pour une enfance qui ne le fut pas. Elle chante d'abord dans la rue avec son père contorsionniste.
Fin 1935, Louis Leplée, gérant du cabaret Le Gerny's, l'invite à chanter et lui trouve son nom de scène : « la Môme Piaf », le moineau. Maurice Chevalier salue son passage. Quelques mois plus tard, Leplée est assassiné ; Édith est inquiétée par la police et la presse à sensation s'en régale. Elle a vingt ans et sa carrière tient déjà du fait divers.
Le 28 octobre 1949, Marcel Cerdan meurt dans le crash de son avion aux Açores. Elle avait créé quelques semaines plus tôt à New York l'Hymne à l'amour, écrit pour lui : la chanson devient son tombeau. Treize ans plus tard, en octobre 1962, elle épouse Théo Sarapo, de vingt ans son cadet, sous les moqueries de la presse.
Elle meurt le 10 octobre 1963 à Plascassier, près de Grasse, à quarante-sept ans. Son corps est ramené discrètement à Paris pour que le décès soit enregistré dans sa ville : il ne sera officiel que le 11, jour de la mort de Jean Cocteau. L'Église lui refuse une messe d'enterrement en raison de sa vie privée.
Cela n'empêche rien. Le cortège provoque un mouvement de foule où toutes les origines sociales se mêlent. Elle repose avec son père Louis Gassion, sa fille Marcelle — morte à deux ans — et Théo Sarapo, tué dans un accident de voiture en 1970. L'Amicale du cimetière est formelle : ce n'est pas Jim Morrison qui tient la vedette au Père-Lachaise, c'est elle.
La sépulture
Une pierre sombre, ornée d'un bas-relief du Christ en croix, dans l'axe de la troisième avenue transversale. Aucun sculpteur n'y est attaché : ce que cette tombe donne à lire, ce sont ses quatre noms — « Famille GASSION-PIAF », Marcelle Dupont (1933-1935), la fille morte à deux ans ; Louis Alphonse Gassion (1881-1944), le père contorsionniste ; « Madame Lamboukas, dite Édith Piaf » ; et Théophanis Lamboukas, dit Théo Sarapo, le dernier mari, mort sept ans après elle. Les plaques et les billets d'admirateurs s'y renouvellent sans cesse.
Sur place, ne manquez pas
La dalle noire toujours couverte de fleurs et de messages, et le petit crucifix laissé par les visiteurs.
Les questions des visiteurs
Où est la tombe d'Édith Piaf ?
En division 97, dans la partie haute et orientale du cimetière. Depuis l'entrée principale, comptez une bonne vingtaine de minutes de montée.
Frank AlamoQui est enterré avec Édith Piaf ?
Son père Louis Gassion, sa fille Marcelle morte à deux ans, et son second mari Théo Sarapo. La pierre porte l'inscription « Famille Gassion-Piaf ».
Alain BashungSous quel nom trouver la tombe ?
Sous le nom de famille Gassion : Édith Piaf était un nom de scène. C'est pourquoi beaucoup de visiteurs passent devant sans la voir.
Gilbert BécaudPourquoi Piaf n'a-t-elle pas eu de cérémonie religieuse ?
L'Église catholique lui a refusé une messe d'enterrement en raison de sa vie privée. Cela n'a rien empêché : son cortège provoqua au Père-Lachaise un mouvement de foule où toutes les origines sociales se mêlaient.
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