
Bernard Gavoty l'avait surnommée « Madame Liszt » dans Le Figaro : elle donna plus de deux mille cinq cents récitals et enregistra plus de cinquante disques, tout en enseignant à l'École normale de musique. Son épitaphe tient en une ligne, et ce sont ses élèves qui l'ont fait graver.
L'histoire
Sur la pierre de la pianiste France Clidat, une seule ligne, signée de ses élèves : « A France CLIDAT, ses élèves. » Ni le surnom de « Madame Liszt » que Bernard Gavoty lui avait donné dans Le Figaro, ni les deux mille cinq cents récitals, ni les cinquante disques enregistrés avec les plus grands orchestres du monde.
Née à Nantes le 29 novembre 1932, elle se forme auprès de Lazare-Lévy et d'Emil Gilels, sort lauréate du Conservatoire de Paris et remporte en 1956 le prix international Franz-Liszt de Budapest, qui lui ouvre une carrière internationale.
Elle est la première au monde à enregistrer l'intégrale de l'œuvre pour piano publiée de Liszt, et elle enseigne à l'École normale de musique de Paris tout en donnant des master classes au Japon — transmettant Liszt à des générations de pianistes, jusqu'à ce que le surnom de Gavoty devienne une description exacte.
Elle meurt en 2012. Rien d'autre sur la pierre — ni Liszt, ni Budapest, ni les orchestres : seulement la phrase que ses élèves ont fait graver.
La sépulture
Une épitaphe de cinq mots, qui ne dit rien de la carrière et tout du métier : « A France CLIDAT, ses élèves. » Ce sont eux qui l'ont fait graver. Ni « Madame Liszt », le surnom que lui avait donné Bernard Gavoty dans Le Figaro, ni les deux mille cinq cents récitals, ni les cinquante disques.
Sur place, ne manquez pas
Pierre sobre dont l'épitaphe tient en cinq mots : « A France CLIDAT, ses élèves. » Aucune date de naissance, aucune mention de récital ni de disque.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de France Clidat ?
En division 13 du Père-Lachaise. L'épitaphe tient en cinq mots : « A France CLIDAT, ses élèves. »
Gustave CharpentierQue dit son épitaphe ?
« A France CLIDAT, ses élèves. » Cinq mots, et pas un pour Liszt, les deux mille cinq cents récitals ou les cinquante disques : ce sont ses élèves qui signent, et c'est tout ce que la pierre retient d'elle.
Michel PetruccianiPourquoi l'appelait-on « Madame Liszt » ?
C'est Bernard Gavoty qui l'a nommée ainsi dans Le Figaro, et le surnom lui est resté. Elle avait enregistré plus de cinquante disques avec les plus grands orchestres et chefs de son temps, et donné deux mille cinq cents récitals.
Frédéric ChopinEnseignait-elle ?
Oui, à l'École normale de musique de Paris, et en master classes au Japon. C'est d'ailleurs le seul aspect de sa vie que sa tombe mentionne : l'épitaphe est signée « ses élèves », et ne dit rien du reste.
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