
Sieyès, vicaire général sans dévotion, publie en janvier 1789 une brochure intitulée Qu'est-ce que le Tiers État ? Le succès est immédiat et national, et la question ouvre la Révolution. Député du Tiers, il fait basculer les États généraux en Assemblée nationale, vote la mort du roi, puis s'efface si bien sous la Terreur que Robespierre le surnomme la taupe. Il prépare ensuite le 18 Brumaire.
L'histoire
Robespierre l'appelait « la taupe de la Révolution ». Emmanuel-Joseph Sieyès, prêtre devenu député, avait voté la mort du roi, puis s'était effacé sous la Terreur si complètement qu'il semblait creuser sous terre. Il en ressortit vivant, et fut élu deux fois au Comité de salut public, le gouvernement révolutionnaire qui avait fait guillotiner tant de ses collègues.
Né à Fréjus en 1748, vicaire général de Chartres en 1787, c'était un homme d'Église sans dévotion, lecteur et faiseur de définitions. En janvier 1789 paraît Qu'est-ce que le Tiers État ? : succès national et immédiat, et la question inaugurale de la Révolution. Élu député du Tiers par Paris, il joue un rôle déterminant dans la mutation des États généraux en Assemblée nationale et cofonde le club des Jacobins.
Directeur en mai 1799, il prépare avec Bonaparte le coup d'État du 18 Brumaire et en sort consul provisoire — mais son projet de constitution déplaît au général, qui l'écarte du pouvoir réel. Président du Sénat en 1800, comte de l'Empire en 1809, proscrit comme régicide en 1815, il est exilé à Bruxelles de 1816 à 1830 et ne rentre qu'après les Trois Glorieuses, la révolution de juillet 1830.
Il meurt en 1836. Sa chapelle de la division 30 porte des bas-reliefs figurant des miroirs ornés de serpents — motif rare, qui évoque la prudence autant que la vanité. L'inscription, elle, tient en un seul mot, gravé sans accent : « SIEYES ».
La sépulture
Une chapelle ornée de bas-reliefs représentant des miroirs avec des serpents — motif rare, qui évoque la prudence autant que la vanité. L'inscription, elle, est la plus brève qu'on puisse imaginer pour un homme de cette envergure : un seul mot, « SIEYES », gravé sans accent. Ni l'abbé, ni le député du Tiers, ni le consul provisoire, ni le comte d'Empire. L'auteur de Qu'est-ce que le Tiers État ? repose sous six lettres.
Sur place, ne manquez pas
Les bas-reliefs de la chapelle : des miroirs ornés de serpents, décor rare au Père-Lachaise. Et l'épitaphe réduite à un seul mot : « SIEYES ».
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Sieyès ?
En division 30, avenue des Acacias, première ligne, sous une chapelle ornée de bas-reliefs représentant des miroirs avec des serpents. L'inscription se réduit à un seul mot, gravé sans accent : « SIEYES ».
Le maréchal KellermannQu'a écrit Sieyès en 1789 ?
Qu'est-ce que le Tiers État ?, en janvier — une brochure au succès national immédiat, qui a fourni à la Révolution sa question inaugurale. Il fut élu député du Tiers par Paris dans les mois qui suivirent.
Jean-Baptiste SayPourquoi « la taupe de la Révolution » ?
C'est le mot de Robespierre : sous la Terreur, Sieyès s'effaça si complètement qu'il paraissait creuser sous terre. Il avait pourtant voté la mort du roi, et revint aux affaires dès 1795, au Comité de salut public.
Prosper EnfantinQuel rôle a-t-il joué au 18 Brumaire ?
Il l'a préparé avec Bonaparte et en est sorti consul provisoire. Mais son projet de constitution déplut au général, qui l'écarta du pouvoir réel : Sieyès fut nommé président du Sénat en 1800, puis comte d'Empire en 1809.
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