
Les « Claudine » parurent sous la seule signature de son mari Willy, et la question de leur auteur ne fut tranchée qu'après le divorce. Music-hall, pantomime, un baiser à Missy au Moulin-Rouge qui provoqua une émeute : à sa mort, en 1954, elle fut la première femme de France à recevoir des funérailles nationales.
L'histoire
Sidonie Gabrielle Colette naît le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l'Yonne. Elle épouse en 1893 Henri Gauthier-Villars, dit Willy, et monte à Paris ; les Claudine paraissent sous la seule signature du mari, et la question de savoir qui les a écrites ne sera tranchée qu'après le divorce.
Séparée de Willy en 1906 et divorcée en 1910, elle vit de la scène : music-hall, pantomime, tenues légères. Sa liaison avec Mathilde de Morny, dite Missy, fille du frère adultérin de Napoléon III, fait scandale jusque dans la presse ; un baiser au Moulin-Rouge provoque une émeute.
Elle devient l'un des grands écrivains de son siècle sans avoir jamais suivi le chemin attendu : romans, chroniques, journalisme, dialogues de films. En 1935, elle épouse Maurice Goudeket, son troisième mari, et s'installe au Palais-Royal, où elle écrira jusqu'au bout, immobilisée par l'arthrite.
Les décorations suivent : chevalier de la Légion d'honneur en 1920, officier en 1928, commandeur en 1936, grand-officier en 1953. Elle est aussi membre de l'académie Goncourt et de l'Académie royale de langue et de littérature française de Belgique.
Elle meurt à Paris le 3 août 1954, en pleine gloire. Son catafalque est exposé dans la cour du Palais-Royal et la République lui fait des funérailles nationales — les premières accordées à une femme. Elle repose en division 4 avec sa fille, l'écrivaine Colette de Jouvenel, morte en 1981.
La sépulture
Le monument est de l'architecte Jean-Charles Moreux, posé en 1955 : une dalle de granit rose adossée à une stèle de marbre noir, et tout l'effet tient à ce contraste de matières. Le recto est bref — « Ici repose Colette, 1873-1954 », suivi du nom de sa fille, l'écrivaine Colette de Jouvenel, morte en 1981. Le verso, lui, déploie l'état civil complet : « Sidonie Gabrielle Colette, épouse de Maurice Goudeket, née à Saint-Sauveur-en-Puisaye le 28 janvier 1873, femme de lettres, grand-officier de la Légion d'honneur, membre de l'académie Goncourt et de l'Académie royale de langue et de littérature française de Belgique ». Moreux avait dessiné pour elle, vingt ans plus tôt, la devanture de son magasin de cosmétiques.
Sur place, ne manquez pas
Le verso de la stèle, où l'état civil se déploie en huit lignes de titres — et le contraste du granit rose et du marbre noir.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Colette ?
En division 4, avenue Circulaire, première ligne, à quelques minutes de l'entrée principale. La dalle de granit rose et la stèle de marbre noir la rendent reconnaissable : c'est l'une des tombes les plus visitées du cimetière.
Albert BartholoméQui a dessiné sa tombe ?
L'architecte Jean-Charles Moreux, en 1955, qui joue du contraste entre le granit rose de la dalle et le marbre noir de la stèle. Il avait déjà conçu pour elle, en 1936, la devanture de son magasin de cosmétiques.
Paul BaudryColette a-t-elle eu des funérailles nationales ?
Oui, en août 1954 : elle fut la première femme de France à en recevoir. Son catafalque avait été exposé dans la cour du Palais-Royal, où elle habitait depuis 1935 et où elle écrivit ses derniers livres.
Claude BernardQui repose avec elle ?
Sa fille, l'écrivaine Colette de Jouvenel, morte en 1981, née de son mariage avec Henry de Jouvenel des Ursins. Les deux noms figurent au recto de la stèle, l'état civil complet de la romancière au verso.
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