Antoine PONSAT
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Rentier.
Né dans un village de la Creuse, il vécut de ses rentes et mourut en 1893 « en son hôtel », boulevard de Courcelles : l'ascension tient en deux lignes d'état civil. Sa pierre porte trois épitaphes du deuil bourgeois — « Il laisse de profonds regrets » —, suivies chacune du De profundis.
L'histoire
Né en 1811 à Vallière, dans la Creuse, Antoine Ponsat était le fils de Sylvain Ponsat et de Marie Tournier. Il épousa Marie Palmyre Landon. Sa profession, la seule que les registres retiennent, est celle de rentier : il ne travaillait pas, il vivait de ses revenus. Le mot désigne au XIXᵉ siècle une position sociale plus qu'un métier, et il en dit long — la Creuse était alors un département d'émigration qui fournissait Paris en maçons, et la plupart de ces partants en revenaient maçons ou tailleurs de pierre. Lui a fait fortune assez pour n'exercer aucun métier.
Il mourut le 6 janvier 1893 « en son hôtel », boulevard de Courcelles, dans le 17ᵉ arrondissement — une avenue neuve tracée le long du parc Monceau sous le Second Empire, pour les fortunes qui montaient. Un homme né dans un village creusois et mort dans son hôtel particulier à cette adresse : l'ascension tient en deux lignes d'état civil.
Ce qui reste de lui est sur la pierre. Deux épitaphes s'y répondent, dans la langue du deuil bourgeois de ce temps. Pour lui : « Il laisse de profonds regrets. De profundis. » Pour sa belle-mère, morte le 16 novembre 1849 : « Elle fut la meilleure, et la plus tendre des mères. De profundis. » Une troisième ligne ne porte qu'un nom, sans un mot : « Madame Veuve Antoine PONSAT, née Marie Palmyre LANDON ». La formule latine — Des profondeurs, je crie vers toi, premier verset du psaume 129 — revient deux fois, comme une signature de famille.
Ces phrases sont des formules, et elles étaient déjà des formules quand on les a gravées. C'est précisément ce qui les rend intéressantes : elles montrent ce qu'une famille aisée du Second Empire jugeait convenable d'écrire sur ses morts. On les retrouve, à quelques mots près, sur des centaines de sépultures parisiennes du même temps. Sous cette dalle de la division 31 reposent une mère, sa fille et le mari de celle-ci : le genre de tombe qui ne raconte pas une vie, mais une manière de mourir en société.
La sépulture
Une pierre familiale qui conserve trois épitaphes du deuil bourgeois du siècle. Pour lui : « Antoine PONSAT, décédé en son hôtel, à Paris, le 6 janvier 1893. Il laisse de profonds regrets. De profundis. » Pour sa belle-mère : « Mme Vve LANDON, née Anne Juliette JOLIET, décédée à Paris, le 16 novembre 1849. Elle fut la meilleure, et la plus tendre des mères. De profundis. » Suit « Madame Veuve Antoine PONSAT, née Marie Palmyre LANDON ». Le De profundis — premier verset du psaume 129 — revient deux fois, comme une signature de famille.
Sur place, ne manquez pas
Trois épitaphes se répondent sur la même pierre, chacune suivie du De profundis. Elles disent moins ces morts que ce qu'une famille du Second Empire jugeait convenable d'écrire.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Antoine Ponsat ?
En division 31 du Père-Lachaise, celle du duc de Bassano et du duc de Massa. L'inscription porte « Famille PONSAT » et trois épitaphes — pour lui, sa belle-mère et son épouse. Elles se lisent encore parfaitement.
Le duc de Massa, division 31Que sait-on de sa vie ?
Très peu : né en 1811 à Vallière, dans la Creuse, fils de Sylvain Ponsat et Marie Tournier, époux de Marie Palmyre Landon, rentier — c'est-à-dire qu'il vivait de ses revenus, sans exercer de métier.
Antoine Louis de BoissièreQu'est-ce qu'un rentier ?
Quelqu'un qui vit de ses revenus sans exercer de métier. Au XIXᵉ siècle, le mot désigne une position sociale plutôt qu'une profession — et il est d'autant plus parlant chez un homme né dans un village de la Creuse, département d'émigration.
Jacques LebelQue disent les épitaphes ?
Pour lui : « Il laisse de profonds regrets. De profundis. » Pour sa belle-mère : « Elle fut la meilleure, et la plus tendre des mères. » Des formules, déjà conventionnelles à l'époque — et c'est ce qui les rend documentaires.
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