
Grétry, compositeur liégeois installé à Paris, devient en 1774 le maître de musique de Marie-Antoinette et le musicien le plus joué de France. Un air de son Richard Cœur-de-Lion lui échappe : « Ô Richard, ô mon roi » devient le chant des royalistes, et sa reprise à Versailles en octobre 1789 met Paris en fureur. Balzac le fera siffler par Vautrin dans Le Père Goriot.
L'histoire
André Ernest Modeste Grétry naît à Liège le 8 février 1741. Formé en Italie, il s'installe à Paris et devient en 1774 directeur de la musique de la reine Marie-Antoinette : trente ans d'opéras-comiques qui font de lui le compositeur le plus joué de France.
« Richard Cœur-de-Lion », créé en 1784, contient un air qui va lui échapper. « Ô Richard, ô mon roi, l'univers t'abandonne » devient l'hymne des royalistes ; entonné devant la famille royale lors d'un banquet à Versailles en octobre 1789, il provoque l'indignation de Paris et déclenche la marche des femmes sur le palais.
L'air a traversé la littérature : Vautrin le siffle dans « Le Père Goriot » de Balzac, la Comtesse le chantonne dans « La Dame de pique » de Tchaïkovski. Peu de mélodies ont eu cette postérité involontaire.
Chevalier de la Légion d'honneur en 1803, il achève sa vie à l'Hermitage d'Émile, à Montmorency — l'ancienne maison de Jean-Jacques Rousseau — et y meurt le 24 septembre 1813. Il a droit à des obsèques nationales et est inhumé le 27 septembre.
Son cœur est resté à Liège, où la ville le réclamait : le Wallon devenu musicien du roi de France a partagé sa dépouille entre ses deux patries. Son monument de la division 11 a été élevé par ses élèves et ses nièces.
La sépulture
Un buste de bronze signé Jean-Jacques Flatters, sur un piédestal où une lyre est gravée, le tout entouré d'une grille. L'inscription donne l'essentiel, y compris le lieu inattendu de sa mort : « André Ernest Modeste Grétry, né à Liège le 2 février 1741, décédé à L'Hermitage d'Émile le 4 septembre 1813, repose sous ce monument, érigé à sa mémoire, par ses élèves et ses nièces. » L'Hermitage d'Émile, à Montmorency, était l'ancienne maison de Rousseau. La concession est entretenue gratuitement par la Ville de Paris — et le cœur du compositeur n'est pas là : Liège l'a gardé.
Sur place, ne manquez pas
Le buste de bronze derrière sa grille, la lyre gravée sur le piédestal, et la fin de l'inscription : « par ses élèves et ses nièces ».
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'André Grétry ?
En division 11, chemin Méhul, troisième ligne — la même allée que le tombeau de Boieldieu, dans la division de Chopin et de Cherubini. Un buste de bronze la surmonte, avec une lyre gravée sur le piédestal.
François-Adrien BoieldieuOù est le cœur de Grétry ?
À Liège, sa ville natale, qui l'a réclamé : le compositeur wallon devenu musicien de la reine de France a partagé sa dépouille entre ses deux patries. Son corps repose au Père-Lachaise depuis le 27 septembre 1813.
Jacques-Louis DavidQu'est-ce que « Ô Richard, ô mon roi » ?
L'air le plus célèbre de son « Richard Cœur-de-Lion », créé en 1784, devenu hymne royaliste. Entonné devant la famille royale à Versailles en octobre 1789, il provoqua l'indignation de Paris et la marche des femmes sur le palais.
Luigi CherubiniQui a payé son monument ?
Ses élèves et ses nièces, comme le dit l'inscription elle-même : « repose sous ce monument érigé à sa mémoire par ses élèves et ses nièces ». La Ville de Paris en assure depuis l'entretien à titre entièrement gratuit.
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