
Alexandre Falguière, sculpteur né à Toulouse en 1831, obtient en 1859 le premier grand prix de Rome et rapporte d'Italie son Tarcisius, un jeune martyr lapidé qu'on voit aujourd'hui au musée d'Orsay. Il sera le sculpteur attitré de la Troisième République. Avec Rodin, c'est estime et rivalité : quand la Société des gens de lettres écarte, en 1898, le Balzac de son rival, c'est à lui qu'elle commande le monument.
L'histoire
Alexandre Falguière naît à Toulouse le 7 septembre 1831. Premier grand prix de Rome de sculpture en 1859, pensionnaire de la Villa Médicis de 1860 à 1864, il tire de son séjour romain « Tarcisius », l'enfant martyr lapidé, dont le marbre de 1868 est aujourd'hui au musée d'Orsay.
Professeur à l'École des beaux-arts et membre de l'Académie des beaux-arts en 1882, il devient le sculpteur officiel de la Troisième République : le « Triomphe de la Révolution » de l'Arc de Triomphe, « L'Asie » du parvis d'Orsay, un buste de Victor Hugo, les monuments à La Fayette à Washington et à Gambetta à Cahors.
Ses rapports avec Rodin tiennent de l'estime et de la rivalité : en 1897, il expose au Salon un buste de Rodin, et Rodin sculpte le sien en retour.
En 1898, la Société des gens de lettres refuse le « Balzac » de Rodin — une affaire que la presse compare à une seconde affaire Dreyfus — et commande le monument à Falguière. Il l'exécute ; la postérité a retenu celui de Rodin.
Il meurt à Paris le 19 avril 1900, quelques heures après être rentré de Nîmes, où il avait supervisé la mise en place de son monument à Alphonse Daudet — dont il avait aussi sculpté le médaillon de la tombe, en division 26. Il repose en division 4.
La sépulture
La concession à perpétuité a été attribuée gratuitement par arrêté préfectoral, comme celles de Daumier ou de Baudry. Le monument est dû au sculpteur Laurent Marqueste (1848-1920), qui signe un haut-relief de marbre intitulé « L'Inspiration », sous lequel figure une reproduction du « Tarcisius » de Falguière lui-même — le sculpteur est commémoré par sa propre œuvre de jeunesse. Quatre inscriptions se partagent la pierre, dont celle de son fils, commandant au 4ᵉ hussards mort en 1925. Celle du sculpteur, « Alexandre Falguiere, 1832-1900 », le fait naître un an trop tard : les notices donnent le 7 septembre 1831.
Sur place, ne manquez pas
Le haut-relief « L'Inspiration » de Marqueste, et sous lui la reproduction du « Tarcisius » — l'œuvre de jeunesse qui l'avait fait connaître.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Alexandre Falguière ?
En division 4, avenue Principale, première ligne, dans la partie basse du cimetière. Le haut-relief de marbre « L'Inspiration », signé Laurent Marqueste, la signale, avec une reproduction de son « Tarcisius » en dessous.
Félix FaureQuelles sont ses œuvres les plus connues ?
« Tarcisius » et « L'Asie », au musée d'Orsay et sur son parvis, le « Triomphe de la République » de l'Arc de Triomphe, le buste de Victor Hugo de 1885, et les monuments à La Fayette à Washington et à Gambetta à Cahors.
Alphonse DaudetQuel était son rapport avec Rodin ?
Un mélange d'estime et de rivalité : en 1897, chacun a sculpté le buste de l'autre. L'année suivante, la Société des gens de lettres refusait le « Balzac » de Rodin et confiait la commande à Falguière.
Honoré de BalzacA-t-il laissé des œuvres dans le cimetière ?
Oui : le médaillon de bronze de la tombe d'Alphonse Daudet, en division 26, et un buste de bronze de Marius Rouffiac. Il est mort quelques heures après avoir supervisé à Nîmes la pose de son monument à Daudet.
David d'AngersAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
Découvrez les secrets des tombes les plus étonnantes
l'audio guideà partir de6,99 €