
Alphonse Daudet, né à Nîmes en 1840, doit sa gloire à un moulin qui ne lui appartenait pas et où il n'a jamais habité, celui de Fontvieille, découvert chez des amis en 1864. Les chroniques qu'il en tire deviennent les Lettres de mon moulin, et la Provence qu'il invente là, le curé de Cucugnan, les cigales, la chèvre de monsieur Seguin, a fini par passer pour la vraie. Sa femme, Julia Allard, relisait et corrigeait tout.
L'histoire
Alphonse Daudet naît à Nîmes le 13 mai 1840. Secrétaire du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, à partir de 1860, il découvre Fontvieille en 1864 : le moulin qui donnera son titre au livre appartenait à des amis, il n'y a jamais vécu.
Les premières lettres paraissent en feuilleton dans L'Événement à l'été 1866, signées d'un pseudonyme emprunté à Balzac, Marie-Gaston ; elles deviennent en 1869 les « Lettres de mon moulin ». La Provence qu'il y invente — le curé de Cucugnan, la chèvre de M. Seguin, les cigales — est devenue si familière qu'on la prend pour la vraie.
Il épouse en 1867 Julia Allard, femme de lettres, qui relit et corrige tout ce qu'il écrit. « Tartarin de Tarascon » paraît en 1872, « Le Nabab » en 1877, « Sapho », « Numa Roumestan », « Le Petit Chose » — une œuvre de romancier réaliste que la Provence de ses débuts a fini par masquer.
À partir de 1884, une maladie de la moelle épinière lui rend la marche presque impossible et les douleurs intolérables. Il prend les eaux à Lamalou-les-Bains, marche avec une canne, et continue d'écrire treize ans dans cet état.
Il meurt à Paris le 16 décembre 1897 et repose en division 26. Julia lui survit quarante-trois ans ; leur fils Lucien, homme de lettres et peintre, ami de Proust, repose avec eux.
La sépulture
Un médaillon de bronze signé Alexandre Falguière — qui repose lui aussi au Père-Lachaise, en division 4 — accompagné d'une grande palme du même métal. L'inscription principale nomme trois familles, « Allard, Navoi, et Alphonse Daudet », mais l'essentiel est autour : les titres de ses livres gravés sur la pierre, du « Petit Chose » à « Tartarin », de « Sapho » au « Nabab », de « L'Arlésienne » à « Numa Roumestan ». La tombe est une bibliographie. Sa femme Julia Allard, morte en 1940, et leur fils Lucien, ami de Proust, mort en 1946, y reposent avec lui.
Sur place, ne manquez pas
La liste des titres gravés autour du médaillon — une bibliographie en pierre, où « Tartarin » côtoie « Le Nabab ».
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Alphonse Daudet ?
En division 26, chemin Molière-et-La Fontaine, troisième ligne — l'allée qui mène aux deux sarcophages jumeaux de Molière et de La Fontaine. Un médaillon de bronze d'Alexandre Falguière orne la pierre.
Alexandre FalguièreA-t-il vraiment habité le moulin ?
Non : le moulin de Fontvieille, découvert en 1864, appartenait à des amis chez qui il séjournait. Les « Lettres de mon moulin » sont nées en 1866 d'un feuilleton, les « Chroniques provinciales », écrit à Paris.
Brillat-SavarinQuels titres sont gravés sur sa tombe ?
Une quinzaine : « Le Petit Chose », « Fromont jeune et Risler aîné », « Le Nabab », « Sapho », « Jack », « Numa Roumestan », « L'Arlésienne », « Tartarin »… La pierre fait office de bibliographie.
Edmond AboutQui repose avec lui ?
Sa femme Julia Allard, femme de lettres et salonnière, qui lui a survécu quarante-trois ans jusqu'en 1940, et leur fils Lucien Daudet, homme de lettres et peintre, ami de Marcel Proust, mort en 1946.
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