
Ahmet Kaya, chanteur turc né en 1957, vendait ses disques par millions dans un pays qui connaissait ses textes par cœur. Kurde, il annonce un jour vouloir chanter en kurde : la campagne lancée contre lui est si violente qu'il doit partir pour Paris, où il meurt en 2000, à quarante-trois ans. Quinze mille personnes viennent à ses obsèques. Sa famille refuse que le corps rentre au pays.
L'histoire
Né à Malatya le 28 octobre 1957, d'un père kurde et d'une mère turque, Ahmet Kaya devient l'une des voix majeures de la chanson turque : des textes politiques, une voix rauque, et un public qui apprend ses chansons par cœur.
Kurde par son père, il le dit en public. En février 1999, dans une soirée de la presse turque où on lui remet le prix du chanteur de l'année, il annonce qu'il chantera en kurde sur son prochain disque : la salle le hue et lui jette des fourchettes. Un an plus tard, un tribunal le condamne par contumace à trois ans et neuf mois de prison pour « propagande séparatiste ».
Il s'installe à Paris, continue de chanter et d'enregistrer, et n'y voit qu'un provisoire qui dure. Il meurt dans la ville le 16 novembre 2000, à quarante-trois ans.
Ses obsèques, le 19 novembre 2000, rassemblent quinze mille personnes venues de toute l'Europe. Sa famille refuse le rapatriement du corps : « Il y reposera jusqu'au jour où les télévisions publiques turques diffuseront de la musique kurde », déclare son épouse.
Il repose en division 71, avenue Circulaire, première ligne, sous une dalle qui porte son portrait en bas-relief et un long poème en turc sur l'exil. C'est l'une des sépultures les plus visitées du cimetière.
La sépulture
Une dalle où le portrait du chanteur est traité en bas-relief, et sur laquelle court un long poème en turc consacré à l'exil — un cas rare au Père-Lachaise, où les épitaphes tiennent en trois lignes. Les dates sont données à la turque : « AHMET KAYA, 28.10.1957 – 16.11.2000. » La sépulture est l'une des plus visitées du cimetière, et l'une des seules dont la famille ait dit qu'elle n'était que provisoire.
Sur place, ne manquez pas
Le portrait en bas-relief, et surtout le long poème en turc gravé sur la dalle : un texte sur l'exil, sur une tombe qui n'a jamais été pensée comme définitive.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Ahmet Kaya ?
En division 71, avenue Circulaire, première ligne. C'est l'une des sépultures les plus visitées du Père-Lachaise : une dalle au portrait en bas-relief, couverte d'un long poème en turc sur l'exil, presque toujours fleurie.
Jean-Jacques GrunenwaldPourquoi Ahmet Kaya s'est-il exilé en France ?
Parce qu'avoir annoncé publiquement son intention de chanter en kurde a déclenché contre lui une campagne d'une violence rare en Turquie. Poursuivi, il quitte le pays à la fin des années 1990 et meurt à Paris en 2000.
Yılmaz GüneyCombien de personnes à son enterrement ?
Quinze mille, le 19 novembre 2000, venues de toute l'Europe. Peu d'obsèques du Père-Lachaise en ont réuni autant, et aucune pour un artiste que son pays natal avait mis à l'écart. Il avait quarante-trois ans.
Uğur HükümPourquoi n'est-il pas enterré en Turquie ?
Parce que sa famille a refusé le rapatriement du corps. « Il y reposera jusqu'à ce que la Turquie devienne une démocratie digne de ce nom », a déclaré son épouse : la tombe parisienne est elle-même une prise de position.
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