
Il ne manifestait pas : la nuit du 6 décembre 1986, il sortait d'un cours de musique quand des voltigeurs de la police le prirent en chasse et le frappèrent. Il avait vingt-deux ans. Le projet de loi Devaquet fut retiré. Sa stèle porte « tué le 16 octobre 1964 » — c'est sa date de naissance.
L'histoire
Malik Oussekine naît le 16 octobre 1964, dans une famille algérienne installée en France. Étudiant, il n'a rien à voir avec les manifestations contre la loi Devaquet qui agitent Paris en décembre 1986.
La nuit du 5 au 6 décembre 1986, il sort d'un cours de musique rue Monsieur-le-Prince. Des voltigeurs motocyclistes de la police le prennent en chasse, le rattrapent dans un hall d'immeuble et le frappent. Il meurt quelques heures plus tard : il avait vingt-deux ans.
L'émotion est immédiate et massive. Le projet de loi Devaquet est retiré dans les jours qui suivent, et le ministre démissionne : rarement une mort aura eu un effet politique aussi rapide.
L'affaire fixe pour une génération la question des violences policières, celle du contrôle au facies, et le nom d'un jeune homme qui passait dans la rue. Une série lui a été consacrée en 2022.
Il repose en division 75, sous un monument de style oriental où les inscriptions sont en français et en arabe. La formule gravée est étrange et volontaire : elle donne sa date de naissance sous le mot « tué ».
La sépulture
Un monument de style oriental, dont les inscriptions sont bilingues, en français et en arabe. Le texte gravé mérite qu'on s'y arrête : « Malik Oussekine, tué le 16 octobre 1964, victime du 6 décembre 1986. » La première date n'est pas celle de sa mort mais celle de sa naissance, placée sous le mot « tué » ; la seconde, celle du 6 décembre, est introduite par « victime ». L'asymétrie est délibérée : elle dit que cette vie a été tuée d'un bout à l'autre.
Sur place, ne manquez pas
La formule gravée, à lire deux fois : « tué le 16 octobre 1964 » — c'est sa date de naissance.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Malik Oussekine ?
En division 75, chemin Bernard, première ligne, dans la partie basse et orientale du cimetière. Le monument est de style oriental, et ses inscriptions sont bilingues, en français et en arabe.
Sadegh HedayatQue s'est-il passé le 6 décembre 1986 ?
Il sortait d'un cours de musique rue Monsieur-le-Prince, sans participer aux manifestations contre la loi Devaquet. Des voltigeurs motocyclistes l'ont pris en chasse, rattrapé dans un hall d'immeuble et frappé ; il est mort quelques heures plus tard.
Le Mur des FédérésQuelles furent les conséquences politiques ?
Immédiates : le projet de loi Devaquet fut retiré dans les jours suivants et le ministre démissionna. Rarement une mort aura eu un effet politique aussi rapide dans l'histoire de la Cinquième République.
Gerda TaroQu'est-il gravé sur sa tombe ?
Une formule volontairement asymétrique : « Malik Oussekine, tué le 16 octobre 1964, victime du 6 décembre 1986 ». Le mot « tué » précède sa date de naissance — la mort semble avoir commencé avec la vie.
Charles AmourouxAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
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