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Portrait de Juliette DODU
Politique & histoire

Juliette DODU

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Employée des télégraphes, héroïne de 1870.

En 1870, à vingt-deux ans, elle détourna jusqu'à sa chambre le fil télégraphique et lut dix-sept jours durant les dépêches prussiennes. Condamnée à mort par une cour martiale, graciée à l'armistice, elle devint en 1878 la première femme décorée de la Médaille militaire.

EmplacementChemin Masséna, 3ᵉ ligne
Division28
Dates1848 – 1909

L'histoire

Juliette Dodu naît à Saint-Denis de la Réunion le 15 juin 1848 et quitte l'île à seize ans. Sa mère dirige le bureau du télégraphe de Pithiviers, dans le Loiret.

En 1870, les Prussiens investissent le bureau. Le récit — paru dans « Le Figaro » du 26 mai 1877, sept ans après les faits, et jamais confirmé par un document d'époque — veut que Juliette, vingt-deux ans, ait détourné une dérivation du fil télégraphique jusqu'à sa chambre et lu, pendant dix-sept jours, toutes les dépêches de l'occupant.

Les renseignements auraient sauvé les quarante mille hommes du général d'Aurelle de Paladines — dont les mémoires ne la nomment pas. Découverte, elle est traduite en cour martiale et condamnée à mort.

Le prince Frédéric-Charles de Prusse la gracie à l'armistice — geste dont la presse française fera grand cas.

Le 30 juillet 1878, elle est faite chevalier de la Légion d'honneur — non la première femme à la recevoir, comme on l'a longtemps écrit, puisque Marie-Angélique Brûlon l'avait été en 1851, mais la première femme décorée de la Médaille militaire. Compagne du baron Larrey, chirurgien de Napoléon III, elle meurt le 28 octobre 1909 chez son beau-frère, le peintre Odilon Redon.

La sépulture

L'inscription tient en deux distinctions, et c'est là tout son intérêt : « Juliette Dodu, chevalier de la Légion d'honneur, médaillée militaire, 1848-1909 ». Aucune femme n'avait porté la Médaille militaire avant elle. Rien du télégraphe, rien des dix-sept jours d'interception, rien de la condamnation à mort — la pierre s'en tient aux titres, qui suffisaient à dire l'exception. Une seconde inscription, celle d'Hélène de Valette, veuve Goujeon, morte en 1873, la précède dans le caveau.

Sur place, ne manquez pas

Deux titres gravés à la suite du nom : « chevalier de la Légion d'honneur, médaillée militaire » — aucune femme n'avait porté le second avant elle.

Les questions des visiteurs

Où se trouve la tombe de Juliette Dodu ?

En division 28, chemin Masséna, troisième ligne, dans la partie ancienne et haute du cimetière — la division de Beaumarchais, de Richard Wallace et du général Foy.

Le général Foy

Qu'a-t-elle fait en 1870 ?

Elle a détourné une dérivation du fil télégraphique de Pithiviers jusqu'à sa chambre et intercepté pendant dix-sept jours les dépêches prussiennes. Les renseignements transmis auraient sauvé quarante mille hommes.

Claude Chappe

De quoi est-elle la première femme décorée ?

De la Médaille militaire. Elle est aussi faite chevalier de la Légion d'honneur le 30 juillet 1878, mais Marie-Angélique Brûlon l'y avait précédée en 1851, et Rosa Bonheur en 1865 pour son œuvre d'artiste.

Rosa Bonheur

A-t-elle été condamnée à mort ?

Oui, par une cour martiale prussienne après la découverte de son dispositif. Le prince Frédéric-Charles de Prusse la gracia à l'armistice, et la presse française fit grand cas du geste.

Pierre-Jean de Béranger

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