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Politique & histoire

Abraham DOBRY

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Banquier et industriel.

Abraham Dobry, né en 1866 dans l'empire russe, a fait fortune dans le sucre et la banque, deux métiers qui allaient de pair : les raffineries ukrainiennes réclamaient du crédit autant que des betteraves. À Kyiv, il dirige la branche russe d'une banque de commerce extérieur et préside des associations de sucreries. Sa pierre le dit né en 1867 : il est né en 1866. Il meurt en 1936.

EmplacementAvenue Transversale n°2, 10ᵉ ligne
Division96
Dates1866 – 1936

L'histoire

Né le 24 février 1866 à Pinsk, en Biélorussie alors russe, Abraham Dobry est le fils de Youdel Dobry et de Léa Schmenkler. Il épouse Liebow Baratz et fait carrière dans les deux activités qui vont ensemble dans l'empire russe de la fin du siècle : le sucre et la banque. L'industrie sucrière ukrainienne est alors l'une des plus puissantes d'Europe, et elle a besoin de crédit autant que de betteraves — ceux qui financent les raffineries finissent par les diriger.

Il devient directeur de la branche russe de la Banque du commerce extérieur à Kyiv, membre du conseil d'administration de l'association panrusse des producteurs de sucre, et dirige plusieurs associations de sucreries — celles d'Artemivsk, d'Alexandre. Ces fonctions font de lui l'un des hommes qui décident du crédit dans une région où la betterave nourrit des dizaines de milliers de familles, et où la moindre mauvaise récolte se répercute sur les banques de Kyiv.

La guerre le fait entrer en politique par la porte des affaires : il siège à la commission des finances qui négocie l'accord commercial entre l'Ukraine et l'Allemagne, en 1918, dans les mois où l'Ukraine tente d'exister comme État entre l'effondrement russe et l'occupation allemande. L'accord signé à Berlin échangeait la reconnaissance de la jeune république contre un million de tonnes de céréales en six mois — que l'Ukraine ne livra jamais. Il n'y survécut pas plus que le régime qui l'avait signé.

La révolution bolchevique emporte tout. Sa famille fuit la Russie et s'installe à Paris, où il meurt le 6 septembre 1936. La tombe familiale de la division 96 porte trois noms : le sien, celui d'Israël Dobry (1876-1935) et celui de Jacques Braslavsky (1860-1936). L'inscription le fait naître le 9 mars 1867 et grave le mois en chiffres romains, comme on l'écrivait là d'où il venait.

La sépulture

Une pierre familiale à trois noms, dont deux morts la même année : « Famille DOBRY. Israel DOBRY, 14.X.1876, 12.VIII.1935. Jacques BRASLAVSKY, 20.X.1860, 11.V.1936. Abraham DOBRY, 9.III.1867, 6.IX.1936. » Les dates y sont gravées en chiffres romains pour le mois, usage d'Europe centrale que les graveurs parisiens ne pratiquaient pas : la famille a fait écrire ses dates comme on les écrivait là d'où elle venait. Abraham Dobry était né le 9 mars 1867.

Sur place, ne manquez pas

Trois noms sur la pierre — Dobry, Dobry et Braslavsky —, et une date qui ne concorde pas : l'inscription le fait naître en 1867, il est né en 1866.

Les questions des visiteurs

Où se trouve la tombe d'Abraham Dobry ?

En division 96 du Père-Lachaise. C'est une tombe familiale : l'inscription porte « Famille DOBRY », puis Israël Dobry (1876-1935), Jacques Braslavsky (1860-1936) et lui-même, mort le 6 septembre 1936.

Paul Boucherot

Quel était son métier ?

Les deux qui allaient ensemble dans l'empire russe : le sucre et la banque. Il dirigeait la branche russe de la Banque du commerce extérieur à Kyiv et siégeait au conseil de l'association panrusse des producteurs de sucre.

Jacques Laffitte

A-t-il négocié avec l'Allemagne ?

Oui : il siégeait à la commission des finances qui négocia l'accord commercial entre l'Ukraine et l'Allemagne, en 1918 — dans les mois où l'Ukraine tentait d'exister comme État entre l'effondrement russe et l'occupation allemande.

Sadegh Sharafkandi

Quand Abraham Dobry est-il né ?

Le 9 mars 1867, comme le grave sa pierre : « 9.III.1867 », le mois en chiffres romains, à la manière de l'Europe centrale d'où venait la famille. On lit ailleurs le 24 février 1866 ; c'est la pierre, gravée par les siens, qui a raison.

Édouard Goldschmidt

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