
Gustave Lambert, hydrologue né en 1824, prépara des années durant une expédition française au pôle Nord qui ne partit jamais. La guerre de 1870 l'interrompt : engagé volontaire, il est blessé à Buzenval, lors de la dernière grande sortie de Paris assiégé, et meurt en janvier 1871. Son épitaphe le dit élève de Polytechnique, d'où il avait été exclu pour indiscipline. Exact à la lettre, arrangeant sur le fond.
L'histoire
L'épitaphe de Gustave Lambert grave une expédition qui n'a jamais eu lieu : « chef de l'expédition française projetée au pôle Nord ». Tout tient dans le mot « projetée ».
Né à Grièges, dans l'Ain, le 1ᵉʳ juillet 1824, hydrologue et explorateur, Gustave Lambert préparait cette expédition depuis des années. La guerre de 1870 l'interrompt : il s'engage au 119ᵉ régiment.
Il est blessé à Buzenval, la dernière grande sortie de l'armée de Paris assiégée, en janvier 1871 — celle où mourut aussi le peintre Henri Regnault, à vingt-sept ans. Il succombe à ses blessures le 27 janvier, à quarante-six ans.
La pierre de la division 62 le dit encore « élève de l'école polytechnique » : il en avait été exclu pour indiscipline. Élève, il l'avait bien été — l'inscription est exacte à la lettre, et arrangeante sur le fond.
La sépulture
Une épitaphe qui grave un projet plutôt qu'une œuvre : « Gustave LAMBERT 1824, élève de l'école polytechnique, chef de l'expédition française projetée au pôle Nord, engagé au 119ᵉ régiment, blessé à Buzenval, décédé le 27 janvier 1871. » Deux détails la rendent remarquable : le mot « projetée », qui reconnaît que l'expédition n'a pas eu lieu, et la mention de Polytechnique — dont il avait en réalité été exclu pour indiscipline. La pierre est exacte à la lettre et arrangeante sur le fond.
Sur place, ne manquez pas
Le mot qui compte est un participe : « chef de l'expédition française projetée au pôle Nord ». L'épitaphe le dit aussi « élève de l'école polytechnique » — il en avait été exclu.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Gustave Lambert ?
En division 62 du Père-Lachaise. Son épitaphe grave une expédition qui n'a pas eu lieu, avec le mot exact : « chef de l'expédition française projetée au pôle Nord ». Il est mort le 27 janvier 1871, à quarante-six ans.
Karasjov-OrgusaarEst-il allé au pôle Nord ?
Non — et c'est le sujet de sa tombe. Il devait diriger l'expédition française vers le pôle, mais la guerre de 1870 l'a interrompue. Sa pierre grave le mot « projetée », qui dit à la fois l'ambition et l'échec.
Gaston TissandierComment est-il mort ?
Engagé volontaire au 119ᵉ régiment pendant le siège de Paris, il fut blessé à Buzenval — la dernière grande sortie de l'armée assiégée — et mourut le 27 janvier 1871, à quarante-six ans. Le peintre Henri Regnault est tombé dans la même bataille, à vingt-sept ans.
René MouchotteA-t-il été polytechnicien ?
Il y est entré, puis en a été exclu pour indiscipline. Sa pierre le dit néanmoins « élève de l'école polytechnique » — formule exacte à la lettre, et arrangeante quant au reste de l'histoire.
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