
Mouchotte refusa l'armistice : en juin 1940, à six, ils volèrent un appareil sur le terrain d'Oran, passèrent par Gibraltar et gagnèrent l'Angleterre. Aucun Français avant lui n'avait commandé une escadrille britannique ; il forma en 1943 le groupe Alsace. Tombé au combat à vingt-neuf ans, son corps rejeté sur une plage de Belgique resta six ans sans nom, jusqu'à ce qu'une étiquette de tailleur permette de l'identifier.
L'histoire
Le corps de René Mouchotte, échoué sur une plage belge, fut inhumé à Middelkerke sous le nom de René Martin — son pseudonyme de guerre, choisi pour protéger sa famille en France occupée. Il resta près de six ans sans nom : ce n'est que le 6 avril 1949 qu'une étiquette de tailleur cousue dans sa veste permit de l'identifier.
Né à Saint-Mandé le 21 août 1914, pilote de tourisme licencié en 1934, il refuse l'armistice : en juin 1940, avec cinq camarades, il vole un Caudron Goéland depuis Oran, gagne Gibraltar puis l'Angleterre, où il débarque à la mi-juillet. Pilote de Hurricane puis de Spitfire, il devient le premier Français à commander un squadron britannique — le 65ᵉ, en septembre 1942 —, après avoir été chef d'escadrille au 615ᵉ, le « Churchill Squadron ».
En janvier 1943, il forme le 341ᵉ, groupe de chasse Alsace ; Pierre Clostermann compte parmi ses pilotes. Le 15 mai 1943, la base de Biggin Hill fête sa millième victoire : Mouchotte et l'Anglais Jack Charles abattent leur avion à la même seconde et se partagent l'honneur. Il tombe au combat le 27 août, dans la région de Saint-Omer, à vingt-neuf ans.
Son testament disait : « Si le destin ne m'accorde qu'une courte carrière de combattant, je remercierai le ciel d'avoir pu donner ma vie à la libération de la FRANCE. » Sa chapelle de la division 69 porte une grande croix de Lorraine, et l'épitaphe aligne ses décorations — parmi elles la croix de la Libération, que de Gaulle n'a donnée qu'à mille trente-huit hommes.
La sépulture
Une chapelle familiale dont la porte porte une grande croix de Lorraine, avec à l'intérieur une statuette de la Vierge en porcelaine. L'inscription est celle d'un état de service complet : « René MOUCHOTTE, 21 août 1914-27 août 1943, Force Aérienne Française Libre, cdt du groupe de chasse Alsace, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre, une étoile d'argent, cinq palmes, compagnon de la Libération, Distinguished Flying Cross, croix de guerre tchécoslovaque, mort pour la France. » Sept distinctions pour vingt-neuf ans de vie.
Sur place, ne manquez pas
Grande croix de Lorraine sur la porte de la chapelle, statuette de la Vierge en porcelaine à l'intérieur. L'épitaphe énumère sept distinctions et s'achève sur « mort pour la France ».
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de René Mouchotte ?
En division 69, avenue de la Chapelle, première ligne : une chapelle familiale dont la porte porte une grande croix de Lorraine, avec à l'intérieur une statuette de la Vierge en porcelaine. L'épitaphe énumère sept distinctions.
Jean-François CailComment a-t-il rejoint la France libre ?
En volant un avion : en juin 1940, avec cinq camarades, il s'échappe d'Oran à bord d'un Caudron Goéland, gagne Gibraltar puis l'Angleterre, où il arrive le 5 juillet 1940. Il refusait l'armistice, et fut ensuite pilote de Hurricane puis de Spitfire.
François d’Astier de la VigerieQu'était le groupe de chasse Alsace ?
Le squadron 341, qu'il forme en janvier 1943 au sein de la RAF — Pierre Clostermann comptait parmi ses pilotes. Le 15 mai 1943, la base de Biggin Hill fêtait sa millième victoire, que Mouchotte partagea avec l'Anglais Jack Charles. Il avait auparavant commandé le 65ᵉ britannique.
Les frères MoraneComment a-t-il été identifié ?
Par une étiquette de tailleur cousue dans sa veste, le 6 avril 1949. Son corps, échoué sur une plage belge, avait été inhumé à Middelkerke sous le nom de René Martin : il resta près de six ans sans nom.
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